Il est de ces moments qui sans s’annoncer, sans qu’ils aient été précédés de conditions particulières, sans que l’on sache ni comment ni pourquoi, nous apportent la grâce de la perfection.

Soudain tout est bien. Non pas que nos plans se déroulent exactement comme nous l’avions souhaité. Simplement, nous sommes dans un accueil total. Absolument détachés de tout ce qui survient.

Tout est bien. Nous ne trouvons rien à redire. Les choses se passent différemment de nos projets initiaux ? Qu’à cela ne tienne, c’est très bien ainsi aussi.

Nous ne sommes plus dans l’arène. Nous sommes l’arène et tout ce qui s’y passe. L’acteur, la pièce de théâtre et le théâtre tout entier.

Nous avons rejoint l’observateur en nous. Nous sommes lui, autant que l’observation et l’observé.

Nous regardons et écoutons l’eau de la rivière couler, nous ne nous débattons plus dans ses flots impétueux, nous nous laissons flotter. Nous sommes la rivière.

Tout est bien. Tout est dit. Il n’y a plus rien à défendre, plus rien à comprendre, plus rien  à vouloir, à prouver à soi et aux autres. Juste remercier pour ce moment de pure douceur, de bien être extrême.

Nous savons que tout est impermanent. Nous ne nous posons pas la question du « quand », du « combien de temps » du « pourquoi ». Nous lâchons prise, sommes détachés de tout. Nous gouttons avec toute l’attention dont nous sommes capable, toute l’intensité, avec une conscience accrue ce moment extraordinaire qui s’offre à nous. 

Ce qui est pris est pris. Nous l’avons déjà vécu, ou peut-être nous cueille-t-il pour la première fois. 

Etat extatique d’une intimité magnifique.  Notre dualité s’est envolée. Nous avons retrouvé notre unicité. 

Ceux qui nous entourent nous sourient ou nous observent de manière un peu intriguée. Si nous les interrogeons, ils ne savent pas vraiment dire pourquoi. Il leur semble qu’il émane de nous une certaine légèreté, une force, une sérénité.  Quelque chose d’indicible. Un changement trop subtil pour être nommé, décrit, si ce n’est que près de vous ils se sentent bien. Notre félicité rayonne, notre paix nous précède et enveloppe ceux que nous croisons. Cela ne nous rend pas plus joyeux, car nous sommes la joie. Rien ne nous sépare d’elle. Rien ne nous sépare de la paix, de l’Amour. Nous sommes la joie, la paix. Nous sommes l’Amour et à ce moment là nous le savons. Nous ne le croyons pas. Nous le savons. Là encore la différence est la distance. Il n’y en a aucune. Nous manifestons ce que nous sommes. Nous sommes au-delà du ressenti, au de-là de toutes pensées ou  croyances.

Exceptionnellement, nous faisons l’expérience de notre absolue vérité, et cette expérience restera gravée à jamais.  Elle change définitivement notre vision du monde et de la vie de nous-même.

Rien n’est différent autour de nous, rien n’a changé dans notre paysage. Les événements ne nous sont pas plus ou moins favorables.

Simplement, pendant cette période de grâce, une modification s’est opérée en nous. Nous avons enfin perçu que nous ne sommes pas ceci ou cela, que nous ne sommes pas dans la vie, dans le monde.

Nous sommes la Vie, nous sommes le monde, le Tout.

Nous sommes.

Je nous souhaite à tous de connaître cette ultime simplicité, cette unique réalité.

Nous sommes la Vie, indivisible.

Texte et photo – Angélica Mary

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