Les yeux s’égarent au loin, fouillent l’insondable, le non visible caché derrière ou au milieu du tangible, dans le vain espoir de répondre à l’ultime pourquoi, informulé, peut-être.
Pourquoi la vie d’humain ?
Ce bref épisode, si long quand il s’agit de se débattre contre mille soucis, petits ou grands, réels ou supposés.
La joie alterne la douleur, c’est ainsi et nul n’y échappe.
Chacun tente de s’en accommoder ou de s’y soustraire comme il peut, ce qui revient au même au fond.
Quelle que soit la façon dont on choisit d’incarner, de bâtir notre existence.
Qu’elle soit un véritable tourbillon d’excitation ou d’austère tranquillité, bruyante ou silencieuse, douce ou rageuse, résignée ou combattive, économe ou dispendieuse, chaque attitude est une tentative de réponse, de solution à cette équation irrésolue à laquelle nous sommes tous confrontés.
On voudrait que la vie ne s’éloigne pas doucement d’instant en instant, sournoisement, sans qu’on puisse la voir faire vraiment, ni l’ignorer tout à fait.
On voudrait rester toujours comme nous « sommes », sans déchoir.Mais à quel moment voudrions-nous nous figer ?
Car au fond, le plus souvent, nous préférons ce que nous sommes aujourd’hui à ce que nous étions hier.
Cependant, chaque aujourd’hui a un hier. Lequel choisir ?
Alors qu’elle parte d’un coup, sans crier gare, sans qu’on ait à le savoir, sans douleur ?
On voudrait n’avoir pas l’embarras de ce questionnement, l’encombrement de cette vie dont on ne sait que faire au fond, qui finira on ne sait comment, mais qui finira sans nous demander notre avis.
Qui nous laisse souvent l’impression de nous tromper, d’être toujours à côté de là où il faudrait pour que tout soit comme il faut sans même savoir comment serait ce « comme il faut ».
Nous savons si peu.
On voudrait tous, la douceur, le contentement toujours.Ils sont éphémères, cycliques, au même titre que la souffrance et pourtant, on oublie l’un autant que l’autre.
Dans la douleur on oublie la joie vécue, quand on ne souffre pas davantage à son souvenir à craindre de ne plus jamais la rencontrer.
Dans la joie, on oublie la tristesse passée quand on ne craint pas de la revoir venir au galop nous voler la tendresse des jours heureux.
Y a-t-il une solution pérenne, une réponse définitive à la question existentielle, plusieurs ?
L’accueil peut-être en est une.
L’accueil de ce qui est, comme cela est, évite les luttes et les rages stériles, le harcèlement des questions qui n’ont pas de réponse.
Alors la tristesse, le chagrin, les soucis et autres insatisfactions sont vécus comme incontournables, comme les saisons.
Ni plus, ni moins.
Ainsi nous nous rapprochons du contentement.
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Angélica Mary.
Illustration – auteur inconnu (de moi)

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