Rejoindre cet observateur silencieux au fond de soi qui est le vrai soi. Celui qui n’a ni besoin de séduire, ni de convaincre, ni d’être pour ceci ou contre cela pour exister. Celui qui sait, qui a toujours su et saura toujours.

Vouloir séduire, c’est vouloir vendre quelque chose à quelqu’un qui n’en veut pas.

Tôt ou tard, on cesse de jouer ce nouveau personnage pour retrouver l’ancien et alors, plus personne ne si retrouve. Ceux un temps séduits s’en retournent d’où ils viennent. Ceux qui ont tenté de séduire se sentent abandonnés, trahis.

Pourtant s’ils l’ont été ce n’est que d’eux-mêmes, par eux-mêmes. Se jugeant insuffisants, ils auront essayé pour se rassurer, pour pouvoir s’aimer, de séduire des personnes qu’ils admiraient.

Ce que nous admirons ailleurs sourde en nous. Il nous appartient d’en trouver le chemin pour le manifester, si réellement il s’agit de ce qui nous anime au plus profond de nous-mêmes, et de nous en détourner s’ils s’agit d’une simple posture de plus pour être toujours plus séduisants à nos yeux ensommeillés autant qu’à ceux des autres.

Par paresse nous choisissons souvent de nous rapprocher de ceux qui brillent à nos yeux comme si leur éclat pouvait suffire à nous rendre brillants à notre tour, plutôt que d’illuminer nous-même notre vie en laissant s’exprimer l’être que nous sommes réellement.

Quand nous sommes vrais, nous sommes libres. Nous n’avons plus peur d’être insuffisants, de ne pas plaire, car nous n’avons plus besoin de plaire. Nous manifestons l’être lumineux que nous sommes et c’est alors que nous attirons à nous les uns et les autres, sans que cela n’ait plus d’importance.

Nous savons qui nous sommes, nous nous respectons et nous accueillons tout entier en toute bienveillance et nous accueillons chacun de la même façon.

Nous n’avons plus de défis à relever, plus de rêves à réaliser. Nous n’avons plus de combats à mener, nous avons gagné celui qui nous tenait éloigné de nous-même, dans l’illusion du paraître, et nous savons que tous les autres combats sont devenus inutiles car tous n’étaient que le reflet de l’importance que l’on attribuait aux rôles que nous jouions.

Notre vie est aussi irréelle que la Vie est réelle. Notre vie est aussi étroite que la Vie est vaste. Notre vie est aussi fugace que la Vie est éternelle. 

Notre quotidien est une sorte de pièce de théâtre,  une saga qui n’en fini pas de rebondir. Nous avons fini par prendre au sérieux nos différents rôles et nous sommes identifiés à eux. Mais nous ne sommes pas ces personnages qui s’agitent en tout sens.

Nous sommes traversés par des émotions qui ne font que passer. Nous ne sommes pas elles, pas plus que nous ne sommes nos pensées, que nous émettons sans y penser et contribuent à entretenir l’illusion en se matérialisant.

Alors qui sommes nous ?

Nous sommes cette paix derrière l’agitation, le silence derrière le brouhaha.

Nous sommes cet observateur, ce témoin silencieux de tout ce qui se passe autour.  

Celui qui reste quand nous sommes enfin seul et que nous n’avons plus besoin de faire semblant. Quand nous sommes enfin dépouillés de tous nos costumes, de tous nos faux-semblants. Celui qui reste quand nous n’avons plus besoin de paraître, dépouillé de nos croyances, de nos certitudes éducatives, de nos réflexes sociétaux. Celui qui n’est ni le fils de, ni l’époux, l’épouse de, ni le frère, la sœur de, collègue de, patron de, le père ou la mère. Nous sommes celui qui est dépouillé de toutes étiquettes. 

Celui-là est libre. Celui-là connaît la vraie joie, la valeur d’un vrai sourire plein de chaleur. 

Il sait la Vie, il est la Vie. Notre vie n’a d’autre but que de retrouver celui-là qui attend en silence au fond de chacun de nous pour qu’enfin tout devienne simple, joyeux, lumineux, vrai. Libre.

Être libre, c’est « être ». Ni beau ni laid,  ni gros ni maigre, ni riche ni pauvre, ni ceci ni cela.

Juste être.

Être libre, c’est se choisir soi-même.

La liberté est là et pas ailleurs. Être un être conscient d’être au milieu des autres, ni 

au-dessus, ni au-dessous, ni à côté, quand enfin on est devenu le chemin qui mène à soi. 

Je nous souhaite à tous de trouver la liberté d’être.

Texte et photo – Angélica Mary.

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