Un pas,

Un autre,

Non, demain

Creuser en soi, pour aller au plus près de soi, est souvent douloureux, car nous nous rêvons parfait, ou à tout le moins, nous souhaitons être des « bonnes personnes »,   « des gens biens » et  se dire que nous devons progresser nous laisse à penser que ce n’est pas le cas, que nous ne sommes pas « comme il faut ». 

Alors nombreux sont ceux qui préfèrent renoncer, autant parce qu’ils ne croient pas suffisamment en leurs capacités à évoluer, que par déni. Nombre d’entre nous refusent de regarder ce qui les blesse en eux et pointent plutôt les faiblesses ou prétendues telles, de ceux qui leur font face, comme pour se rassurer sur leurs propres valeurs qu’ils tentent de mettre en avant, alors même que paradoxalement, le plus souvent, ils ne s’aiment pas et se  trouvent insuffisants.

On aimerait être rassuré par autrui quant à l’image que nous donnons de nous.

Car au fond de nous, on sait la tendresse, la douceur, la douleur…  à la façon d’un enfant. Celui qui vit en nous presque oublié, celui que nous sommes, cet être déjà complet et que l’on va cacher derrière des tonnes de principes, de croyances, de  peurs et de mille autres choses qui empêcheront chacun d’exprimer qui il est réellement.

On naît parfait. Puis notre éducation nous façonne, nous déforme, nous apprend le jugement et les peurs qu’il génère. Etonnamment, de génération en génération, avec la meilleure volonté du monde, celle « d’élever » des enfants pour qu’ils soient des « gens biens » on prive chacun de ses talents, de la reconnaissance de soi, de la confiance en soi, en sa valeur.  Chacun apprend au fil du temps qu’il doit faire mieux, être meilleur que lui, que les autres. Chacun apprend à vivre sous pression, cette déception induite de soi et des autres.  Chacun s’éloigne de ses plus belles émotions, en  apprenant la peur de la différence,  de la sienne autant que celle des autres. Pourtant la différence n’est-ce pas être pareil autrement ? On invite chaque enfant à oublier ses rêves pour entrer dans la danse du « comme il faut ». Avoir les pieds sur terre pour faire quelque chose de soi, de sa vie, alors que chacun naît avec abondance de talents, de possibles infinis ou presque.

Avancer vers soi n’est pas changer. Ce n’est pas apprendre pour conquérir de nouveaux  talents, pour être au-dessus de quiconque.

Chaque pas vers soi est un pas vers une version plus expansée de soi, cette version illimitée, infinie, de soi.

A mesure que nous nous approchons du noyau, du cœur de soi, alors on reprend contact avec la foi en la vie, la foi en soi.

On redécouvre la richesse qui est en nous, qui est soi-même. On contacte notre plein potentiel, non pas pour dépasser qui que ce soit, mais pour se libérer de tous les carcans dont on nous a vêtu.

Pour retrouver la lumière originelle de notre sourire, de notre amour pour la vie et pour tout le vivant, autant que la joie qui est enfouie au plus profond de soi.

Avancer vers soi, se libérer de tout ce qui nous a été ajouté, par les autres autant que par soi-même, se libérer de tout ce qui nous enferme pour se retrouver soi tel qu’à notre origine, ouvert, curieux de tout et de tous, sans peur ni complexe.  Retrouver cet être illimité qui vit en chacun de soi et sortir du drame de nos vies étriquées, orientées, limitantes qui brisent tous nos élans.

Alors ne renoncez pas à cette magnifique part de vous qui  vibre en chacun de nous avant même notre naissance.

Retrouver l’humilité d’oser être soi dans sa plus simple expression,  d’oser sa vie plus vaste. Oser se tromper autant que réussir, tout est rien, sans autre enjeu que le jeu d’être.

Pour cela, il faut oser se rencontrer, seul, en face à face dans le silence. 

Puis revenir vers les autres, vers le quotidien,  pour expérimenter cette version plus vaste de soi. 

Alterner en permanence, des périodes de rien, de vide d’absence aux autres, pour s’offrir d’être présent à soi,  à son ennui aussi  s’il le faut. Puis revenir encore et encore, jusqu’à être présent, ici et maintenant, à tout et tous.

Être, juste être est une expérience indicible. Ce que l’on contacte en s’offrant « d’être » est à la fois si subtil et si puissant qu’il est difficile de le mettre en mots.

Cependant, il est un point commun à ceux qui s’engagent sur ce chemin sans retour possible.  Ils ont des étoiles dans les yeux et un sourire soleil. 

Leur être tout entier rayonne, la joie, la douceur, l’Amour, la Vie. 

Texte et photo – Angélica Mary

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