Soyons doux avec nous-même.

Chaque matin nous nous levons sans avoir appris à nous aimer.

Pire, on nous a enseigné avec les meilleures intentions du monde,  à mépriser, ignorer la merveille qu’est notre corps autant que ce que nous sommes tout au fond de lui. 

On nous a enseigné à délaisser les choix de notre cœur au profit de ceux de notre raison. Chaque jour, nous sommes nombreux à nous malmener, en ignorant nos rythmes corporels, nos besoins vitaux,  autant que nos aspirations profondes.

Nous nous jugeons sévèrement pour tout manquement, ratage,  ou supposés tels. Nous ignorons que tout est apprentissage. 

Enfants, nous pensions qu’un jour nous serions « grands ». Cela supposait que nous aurions toutes les réponses, toutes les solutions. Chaque jour qui passe nous démontre qu’il s’agissait d’une illusion. Nous avons grandi, maturé et ne savons toujours pas.

Nous sommes les éternels apprentis de la Vie. Chaque jour elle nous offre son lot d’expériences, plaisantes ou non. 

Chaque jour, jusqu’à notre dernier souffle, nous apprenons à composer avec ce qu’elle nous offre.

Cependant, si nous ne pouvons pas choisir de quoi seront faits nos matins, nous pouvons choisir comment répondre à ce qui nous est proposé. 

Nous pouvons accueillir chaque expérience ou nous battre contre toutes.

Nous pouvons nous remercier de faire chaque jour de notre mieux ou nous fustiger chaque fois que nous estimons avoir failli. 

Nous pouvons nous accueillir avec nos forces et nos faiblesses, ou nous renier, nous dénier le droit à l’erreur.

En nous jugeant, nous ajoutons à la difficulté.

Quand un enfant tombe, lors de ses premiers pas et qu’il se blesse, même légèrement, nous le relevons et le consolons.

Là est la douceur que nous nous devons à nous-même. Remercions-nous chaque matin pour chaque pas réalisé, pour le chemin parcouru malgré ses difficultés. Quand tout nous semble dur, embrassons-nous. Offrons-nous une consolation. Accueillons une main tendue, ou demandons de l’aide. Faisons quelque chose qui nous fait du bien. Renonçons à tout jugement. Rien n’est ni bien ni mal. Peut-être aurions-nous pu faire autrement, de façon certaine nous  avons fait du  mieux que nous pouvions à l’instant où nous avons agi.

Ouvrir notre conscience, c’est observer chaque chose, chaque geste, chaque être dont nous-même, sans jugement.  C’est en s’accueillant tout entier, et en accueillant tout ce qui vient, qu’on peut avancer vers plus de sérénité et de joie. Lutter, combattre, nous épuise, nous blesse et ne change rien de rien aux événements. Cela ralentit notre progression et donne de la force à tout ce qui nous heurte. Si nous frappons dans une toile tendue à l’extrême, la force de sa tension s’oppose à la nôtre, et nous risquons à terme de la déchirer. Si nous frappons dans une toile suspendue à un fil à linge oscillant doucement sous l’effet du vent,  la toile va suivre notre mouvement. Ce sera un heurt amorti pour l’un et pour l’autre. Il en va de même de la vie. Si chaque fois nous offrons aux événements une résistance, si nous luttons au lieu d’accueillir, si nous pestons, nous nous blessons et avons du mal à trouver l’avantage que peuvent présenter ces expériences. Car chaque événement porte en lui un aspect bénéfique qu’il soit immédiat ou différé. 

Accueillir sans juger, notre comportement face au fait autant que les faits eux-mêmes, nous permet d’ouvrir notre conscience. Ouvrir notre conscience nous offre la distance pour observer les conséquences de chaque événement, de chaque acte et d’en tirer profit.  Ainsi, les aspérités de la vie nous sont moins aigues. Nous nous blessons moins à elles. Nous trouvons l’harmonie. Cela n’empêche pas les coups de cafard, l’envie parfois de baisser les bras. Cela les fait durer moins longtemps. Nous rebondissons plus vite. Les solutions nous viennent plus rapidement et nous repartons de bon cœur. Nous prenons les choses de la vie et nous-même, moins au sérieux.

Alors offrons-nous chaque jour de la douceur. Remercions-nous « d’être » et d’avancer dans cette aventure qu’est la vie que nous découvrons à chacun de nos pas, sans savoir ni le pourquoi ni le comment.

Nous avançons tous démunis. 

Soyons emplis de mansuétude et de tendresse, pour nous et pour tous.

Accueillons-nous et avançons chaque jour plus en conscience pour un monde harmonieux.

Texte et photo : Angélica Mary

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