Une expérience spirituelle m’a conduite un jour sur un chemin qui m’a amenée à m’interroger sur la réalité et la place des âmes, des anges, les relations avec les défunts et autres, sans pour autant les rejeter. Simplement, je ne savais pas où les situer dans cette nouvelle vision des choses qu’était devenue la mienne.

En fait, je n’avais jamais trop su, même avant.

Tous ces mots avaient pour moi des relents religieux alors que ma spiritualité ne relève d’aucune religions.

Il me semble que les philosophies ont toujours précédé les religions, lesquelles se sont appuyées dessus pour se fonder et asservir les fidèles plutôt que de les servir, les séparer plutôt que les unir, organiser leur ignorance plutôt que de les élever, instiller des croyances, superstitions reposant sur les peurs plutôt que d’accompagner vers la foi qui nécessite la « connaissance ». La foi prise au sens de la « connaissance absolue ». Cela va au-delà de la certitude. Nous avons deux mains, il s’agit d’une connaissance absolue, indissociable de nous-même, de notre  réflexion. L’important est cette notion d’absolu, laquelle sans permettre la moindre question, le moindre doute, ouvre dans un même temps le champ de tous les possibles. Car si j’ai en effet deux mains, elles sont uniques au monde, de même que les vôtres. Peut-être même n’en avez vous qu’une. 

Les croyances enferment comme seule la peur sait le faire, la foi ouvre vers l’infini.

De même que chacun de nous est unique au monde, notre connaissance de nous-même, aussi parcellaire puisse-t-elle être, est unique au monde comme chacun de nous l’est.

Donc d’un côté j’avais du mal avec les anges, les âmes, les relations aux défunts et autres êtres invisibles, ne sachant trop comment me situer par rapport à eux, quelle place leur donner dans ma carte de lecture de la vie, et dans un même temps, convaincue qu’en notre qualité d’humains nous ne savons rien imaginer qui n’existe déjà, alors, forcément, quelque part, toutes ces choses qui m’échappaient existaient.

Je n’en réfutais pas l’existence, mais gardais une distance perplexe avec elles. 

Un jour, j’ai « reçu » une nouvelle lecture de notre origine à tous. Je dis « reçu » car je l’ai su sans savoir si je l’ai vu, ni comment cette connaissance m’est arrivée. Les mots me manquent donc pour dire comment soudain cette expérience est devenue partie intégrante de ma « connaissance ».

Cependant avec le temps j’ai trouvé une parabole pour partager cette expérience.

Imaginez une dune de sable, une plage. Dans le sable vous tracez un cercle. Il croit qu’il est un cercle et veut mener une vie de cercle. En réalité il est le sable.

Après avoir dessiné un cercle, à côté, vous dessinez un carré. Il croit aussitôt qu’il est un carré, différent du cercle, et veut mener une vie de carré. Le cercle aussi regarde le carré comme différent. L’un est l’autre pourtant sont avant tout le sable.

Un jour « l’Energie créatrice »,  « l’Intelligence créatrice », « l’Univers », « Dieu» ou quel que soit le nom qu’on lui prête s’est dessiné (e) un corps qu’elle (qu’il) a nommé, Pierre, Pierrette, Rose, Jean ….  (Tout au long du texte je l’appellerai « Intelligence créatrice »). 

Vous avez commencé à vivre la vie de Pierre, Pierrette ou quel que soit le nom que vous portez,  oubliant que vous êtes « l’Intelligence créatrice » créateur de votre corps, de votre histoire à mesure que vous la déroulez.

Cette même intelligence, omnisciente, omniprésente, omnipotente, a créé un corps qu’elle a appelé Angélica, et j’ai commencé à mener la vie  et les expériences dédiées à ce corps, tout en ayant, comme nous tous,  la possibilité de transformer, modifier les expériences initialement prévues, un peu à la manière d’un GPS qui recalculerait la route chaque fois qu’on choisirait un autre chemin que celui qu’il préconise. Chacun gardant aussi la possibilité de changer l’arrivée, le retour à la « maison », à nos origines, qui marquerait la fin de la vie de ce corps, de la même façon que la main, d’un coup de balayage du sable, efface le cercle et le carré, laissant la place au sable et aux nouvelles traces qui s’y formeront. 

La mort de notre corps serait notre ultime métamorphose. De même que le sable reste le sable avec ou sans cercle dessiné, nous demeurons l’Intelligence créatrice avec ou sans corps. La fin du corps qui constitue les limites de notre être, va permettre à notre être originel de retrouver son infinitude en même temps que sa nature créatrice.

L’intelligence créatrice est le tout et le rien à la fois. Elle est créatrice de tout ce qu’elle est autant que de ce qu’elle crée. En cela nous sommes Un et unique. Seuls nos corps créent l’illusion de la séparation qui reste néanmoins réelle autant que notre corps et tout ce qui nous entoure le sont à nos yeux et nos vies incarnées. Nous sommes sur terre pour vivre précisément cette expérience, de séparation, de mortalité et tout ce qui fait notre humanité.

Nous sommes notre propre créateur autant que notre créature. Nous avons oublié en endossant notre corps comme on revêt un vêtement, notre origine pour les besoins de l’expérience.

Ce nouveau regard porté sur la vie suite à cette expérience spirituelle, a continué à évoluer.

Après avoir fait une retraite de quatre mois, dans un lieu très isolé en pleine nature, 

il m’est venu une réponse à la question de la place des âmes, anges, contacts avec les défunts et autres.

Il existe autant de réalités que d’individus. Les expériences sont infinies et par ce fait presque inimaginables autant que l’est l’Intelligence à l’origine de tout, pour notre compréhension délimitée par notre « réalité humaine ». 

Cependant, parfois, certains d’entre nous dépassent ses limites et se retrouvent connectés à notre origine à tous. A la source de tout ce qui est. Et alors, nous avons accès à cette « mémoire » « cette intelligence » « ce potentiel créateur » qui est naturellement collective (tif) puisque nous sommes tous cette même et unique Intelligence créatrice. Nous sommes bien plus que créés par Elle, nous sommes Elle.

C’est un peu comme si soudain, le cercle se souvenait qu’avant d’être le cercle il est le sable et faisait l’expérience de ce qui se passe en d’autres lieux de la dune, les traces d’un animal, d’un humain, la présence d’une pierre, de l’ombre alors que lui-même est dessiné en plein soleil… Soudain nous avons accès à une « connaissance », une « mémoire » expansée de notre être.

Selon moi notre évolution n’est pas verticale, proposant qu’il y aurait ceux qui sont en bas et ceux qui sont plus élevés. Selon ma conception, chaque fois que l’un de nous part en quête de ce qu’il est réellement, il va vers une version expansée de son être. C’est-à- dire, qu’il dépasse les limites proposées par son corps et l’expérience de base qui est celle de vivre une vie d’humain, sachant que chaque humain a décidé préalablement du genre de vie qu’il allait expérimenter. J’en viens à penser,  que nos contours sont poreux et que vous, moi et de nombreux autres ont atteint cette limite non étanche entre la créature et sa part créatrice, c’est-à-dire la source de tout, et nous permet des expériences aussi diverses que variées, car les expériences de l’Intelligence créatrice sont infinies, intemporelles, constantes. Elle crée de manière permanente car Elle est Créatrice, et nous le sommes par Elle car nous sommes Elle. C’est ainsi que le temps n’existe pas au dehors de notre humanité ou de toutes formes éphémères que nous pourrions prendre, ou avons prises. A la fois l’expérience existe et n’existe pas. Tout est illusion et tout à la force de la réalité, la nôtre à laquelle il est difficile d’échapper puisque nous nous sommes créés précisément pour faire cette expérience-là, celle de la non éternité et donc du temps qui passe. Notre réalité au-delà de notre « humanité » est autre.

C’est ainsi que certains ont expérimenté d’avoir été un autre en une autre époque de vie, d’être en contact avec des défunts, que d’autres expérimentent de parler avec les anges, de lire l’avenir ou des expériences passées, que pour d’autres dont je suis, le temps est illusion. Le dire est une chose, le vivre, le ressentir dans son corps, en est une autre, même si c’est de façon fugace. La richesse de nos connaissances ne vaut que par l’expérience que l’on en fait. Avant il s’agit de croyances, de suppositions, de théories, d’imagination. Il  faut à plusieurs d’entre nous, passer par ces étapes avant d’atteindre la porosité, à moins que ce ne soit le contraire. Il me manque encore bien des réponses à des questions que je ne me pose pas vraiment tout en restant ouverte, disponible à toutes nouvelles expansions de ma réalité. Ouverte aussi  à toutes les expériences vécues et rapportées par d’autres, que je ferai peut-être un jour ou jamais. Tout est source d’émerveillement quand je suis dans cette dynamique. Je me sens emplie d’amour et de joie profonde. Le reste du temps, il m’arrive encore d’être si identifiée à ma part d’humanité que je me sens accablée par ce qui semble être la condition humaine ou pareillement gaie par des futilités éphémères. Cependant tout est parfait. Je joue mon rôle d’humaine, fidèle sans doute à ce que j’ai souhaité en me créant…. 

Là est ma compréhension actuelle de la vie et de la création. J’ignore tout de ce qu’elle sera demain. J’ignore tout de ce qui m’émerveillera demain.

Texte et photo – Angélica Mary

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