La quête de soi est la prise de conscience que notre corps est habité par une part de nous dont nous ignorons presque tout.

Conséquemment, cela nous indique que notre réalité du monde est partielle, un peu comme la part émergée de l’iceberg.  Cependant, si la part immergée de ces grands blocs de glace est mesurable, celle de notre réalité est insondable, infinie.

Temps que nous n’avons pas accepté que notre réalité n’est qu’une part infime de ce qui est, nous vivons dans l’illusion de la même manière qu’en d’autres temps certains croyaient que la Terre était plate et qu’en arrivant au bout de l’océan, ils tomberaient dans un vide abyssal.

Aujourd’hui, nous savons que nous pouvons faire le tour de la Terre sans tomber nulle part, et qu’au bout de l’océan il y a un autre rivage.

La quête de soi consiste à distinguer dans un premier temps la part de nos actes, pensées, attitudes, postures, qui proviennent réellement de nous et celles que nous empruntons à la société de peur de se démarquer, d’être marginalisés ou simplement parce qu’on ne s’est jamais réellement interrogé jusqu’à ce jour sur nos motivations profondes et le sens de nos actions.

Dans un deuxième temps, il s’agit de se choisir soi, et de se dépouiller de toutes certitudes, attitudes, habitudes, embrassées sans y penser. 

Enlever toutes les couches de vernis sous lesquelles étouffe notre authenticité, comme on extrait une pierre précieuse de sa gangue.

Renoncer à toutes les vérités rassurantes qui n’en sont pas pour aller vers la sienne-propre.

C’est-à-dire, toucher à l’essence de notre être. Retrouver l’enfant intérieur. Celui que nous n’avons jamais cessé d’être et que nous avions oublié tout au fond de nous.

C’est alors que l’on comprend qu’il y a autre chose. Que ce que nous sommes, est en réalité bien plus vaste que ce que nous avons perçu jusqu’à ce jour. 

Il y a plusieurs façons d’atteindre cette connaissance, cette perception différente, méditation, chamanisme, entrer en relation avec la nature,  retraite loin de tout, rencontre avec des moines d’ici et d’ailleurs… Toutes ont en commun le silence, le dépouillement, le lâcher prise … 

L’important est d’accepter dès le commencement qu’il s’agit d’un cheminement qui prend du temps, qui prend son temps, quelle que soit la méthode empruntée. Entre le moment où l’on reçoit l’enseignement, la connaissance, l’information, et le moment où on l’intègre il se passe de nombreuses années.

C’est un peu comme la première fois qu’on se trouve face à la solution d’une équation mathématique. Parfait, on l’a comprise, mais qu’elle application allons-nous pouvoir en faire dans notre quotidien ?  A la fois, cette nouvelle connaissance change tout et ne change rien.

Il faudra des années pour que nous intégrions l’utilité de ce savoir et de ses implications dans notre vie.

C’est un feu d’artifice à retardement. Le mot « extraordinaire » n’a pas encore trouvé sa signification réelle. Dans notre esprit, nous lui attribuons toujours le sens convenu de la société. 

Il en va de même pour la quête qui mène à soi, et au-delà à la spiritualité.

Notre première prise de conscience, est une première ouverture.  Ce n’est pas la conscience toute entière. C’est le commencement.

En fait, j’ai même envie de dire que la compréhension, les perceptions, continuent de s’expanser progressivement au fil des ans, jusqu’à notre dernier souffle. La compréhension s’affine. On touche au subtil. Le monde autour de nous ne change pas, cependant nos yeux se dessillent, et on commence à percevoir l’extraordinaire, le merveilleux, partout autour de soi et en soi aussi, car nous sommes  partie intégrante de la création. Ni plus ni moins que tout ce qui Est. Simplement pour la première fois, on réalise à quel point la Vie est parfaite. Non pas notre vie et ses aléas, non. La Vie. Celle qui fait que notre corps est issu d’un spermatozoïde et d’un ovule invisible à l’œil, et dont l’union portait en elle un corps dans sa perfection de fonctionnements. Un univers de cellules à lui seul. La Vie, qui réside dans une graine, qui porte en elle l’information nécessaire à devenir un chêne dès que les conditions seront réunies pour qu’elle libère son processus de Vie… Je pourrais décliner à l’infini toute la magie contenue dans la Vie à côté de laquelle je suis passée en aveugle durant des années, sans jamais épuiser le sujet, car de l’infiniment petit à l’infiniment grand, la Vie est illimitée.

Puis un jour, j’ai vu. J’ai retrouvé le chemin de l’émerveillement et ma vie en fût totalement bouleversée.

Non pas que le monde ait changé, cependant mon regard s’est enfin porté au-delà du  voile de l’impudence de l’humain, sûr ou presque, de sa supériorité sur le reste de la création.

C’est le fruit de la quête, d’une ouverture d’esprit qui jamais ne cesse. D’abord se vider l’esprit de toute connaissances, croyances, certitudes acquises et le laisser ouvert, non pas pour l’emplir de nouvelles vérités, mais pour le laisser libre d’accueillir chaque jour de nouvelles informations sans les retenir, au sens de, sans les transformer en vérités  nouvelles gravées dans le marbre. Non, il faut les accueillir comme un courant d’air porteur de senteurs éphémères, s’en imprégner et les laisser partir, prêts à respirer les prochaines. 

La réalité est infinie au même titre que cette part de nous qui n’est pas visible et contient cette infinie connaissance à notre insu. Cependant, cette part de nous incarnée ne pourrait supporter cette masse d’informations, d’énergies hautes fréquences en un seul coup.  Peut-être même une vie terrestre ne suffira-t-elle pas à l’entrevoir plus qu’un peu. Ce serait comme ingurgiter d’un coup le contenu de la totalité des livres écrits dans le mondes. 

Alors quel est donc le chemin le plus court pour parvenir à cette ouverture, cette compréhension, cette expansion de notre conscience et de notre perception.

En fait, il n’y en pas de court. Quand la quête est sincère, elle est  patiente, et c’est alors que  le chemin s’offre à nous. Il n’y en a pas un. Il y en a de nombreux. Autant sans doute que d’individus. Le premier pas  est peut-être le lâcher-prise de notre impétueux « vouloir ». Une fois notre décision prise de s’engager sur la voie de notre moi authentique, de la spiritualité, il nous reste à nous abandonner complètement à cette part de nous dont nous ignorons l’essentiel, qui est la Connaissance, la Vie même. 

Une fois notre engagement pris au plus intime de nous ouvrir à cette autre dimension, la Vie se charge d’expanser notre réalité, comme elle se charge de faire prospérer la graine semée dans une terre arable. 

Il nous reste alors à renouveler chaque jour, chaque instant notre choix qui nous conduit de manière certaine sur des chemins merveilleux malgré les épineux,  en sachant qu’ils seront de plus en plus rares au fil de notre progression, au fil des ans et  de nos éblouissements.

Texte et photo – Angélica Mary

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