Accueillir cette envie de rien, se poser sans chercher de leurre, pas de livre, pas de musique, pas d’écran, pas de fausse occupation. 

Se laisser traverser et écouter dans son corps tout ce qui se passe. 

S’entendre respirer, accueillir l’ennui, l’éclat de rire muet, le doute, la culpabilité, le sentiment d’étrangeté, la crispation.

Puis sentir la détente de l’accueil total, progressif, et jouir pleinement de ce plein de rien.

Doucement le corps s’efface laissant la place à la symphonie des sens sensibles à l’extrême.

Les sons sont plus clairs, plus nets, les parfums sont plus francs, plus subtiles, chaque sensation semble avoir des contours, une substance presque palpable tout en étant volatile, insaisissable.

Il me vient alors que je suis ici, dans ce corps dessiné, précis, et au-delà de lui.

Je sui d’ici autant que de partout, ceci autant que cela et pourtant ni l’un ni l’autre. 

Je suis une expression du tout autant que du rien, du plein autant que du vide.

Présence, au monde visible et invisible, offerte à tout ce qui s’offre.

A l’infini.

Être.

Texte et photo – Angélica Mary.

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