Nous avons bien tort de nous appesantir toujours sur nos plus grandes bassesses jusqu’à désespérer de nous.

Chacune de nos cellules porte aussi en elle la mémoire des hauts faits de l’humanité.

Et il y en a eu, il y en a chaque jour et il y en aura toujours.

Le plus bel exemple de ce dont nous sommes capables, de courage, de tendresse et d’amour est peut-être la trêve de 1914 au cœur des tranchées.

Chaque soldat qui a déposé les armes face à l’ennemi pour fêter Noël avec lui risquait la mort. Soit de son propre camp, comme traitre à la patrie pour avoir cesser d’obéir à l’ordre de tuer, s’il n’avait pas été suivi de ses pairs, soit sous le feu du camp ennemi, si celui-ci avait refusé la trêve ou seulement fait semblant de l’accepter.

Pouvons-nous seulement imaginer ce qu’il a fallu de courage et de confiance à ceux qui vivaient le pire, l’horreur indicible au quotidien, pour déposer les armes et aller embrasser l’ennemi, partager ses rations de guerre, lui montrer les photos de sa famille ?

Pourtant cela est arrivé, il n’y a pas si longtemps. Nos grands-parents ou arrières-grands parents y étaient.

La guerre a connu une trêve historique, car les soldats, « les guerriers » ont voulu que cesse le combat.

Dommage que ce ne fut qu’une trêve.

N’ont-ils pas  compris à ce moment-là qu’ils pouvaient laisser les armes à tout jamais ?

Laisser ceux qui décident de la guerre régler leurs comptes entre eux, qu’ils choisissent pour cela le jeu d’échec, le duel régulier ou tous autres moyens ?

Car tout est là, en fait. Il s’agit toujours des intérêts d’une minorité, qui incite ou ordonne au plus grand nombre de se battre  sans que ces derniers y aient quelque avantage.

Il est si facile, d’inciter à la haine en réveillant les peurs, de choisir les armes, quand ce sont d’autres qui devront y faire face, y laisser leur peau, leur raison.

Cette trêve nous montre qu’il n’y a pas de guerre sans soldats/guerriers pour la faire.

Refusons de nous battre entre nous. Car penser lutter contre les autres est un leurre.  C’est toujours entre nous, entre humains, que nous nous écharpons.

La reprise du combat après la trêve,  nous montre aussi, que l’ennemi n’est jamais en face de nous.

En face, il n’y a que des humains comme nous, qui aiment, souffrent, et tentent chaque jour de faire de leur mieux, même si le mieux de l’un ne l’est pas pour l’autre. Qu’importe ?

Le véritable ennemi règne au creux de notre désespérance en nous-même que nous transposons sur autrui.

L’ennemi est parfois dans notre obéissance volontairement aveugle dans l’espoir d’échapper à nos responsabilités tant on manque de confiance en notre capacité à comprendre, sentir, et à assumer nos choix.

D’autres fois encore, notre pire ennemi, se cache derrière notre colère, notre vindicte, nos sarcasmes, dirigés sur autrui pour masquer notre peur, notre désespoir, notre sentiment d’impuissance et tant d’autres choses.

Se battre contre quiconque, c’est toujours engager un combat contre soi-même.

Alors osons la paix en nous-même.

Osons notre tendresse, notre joie naturelle, innée.

Celles d’avant qu’on accepte de croire que cela ne suffit pas à notre bonheur.

Hâtons-nous d’apprendre ou réapprendre la bienveillance envers nous-même, car lorsque nous sommes bien nous perdons toute envie d’en découdre.

Aimons, parce que seul l’Amour et nous pouvons.

 

Angélica Mary.

Le coaching autrement

 

Illustration – Trevor Cole

 

 

 

 

 

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