Nous nous sentons tristes ou joyeux, ou rien de particulier. Nous aimons ou n’aimons pas, ou bien encore nous détestons, tel parfum, tel aliment, telle image…
Nous sommes calmes, ou agacés, patients, impatients, mal-patients…
Parfois nous ressentons de la colère, ou de la sérénité.
Nos émotions comme nos goûts sont en nous, sont une part de nous…
Un agent extérieur peut les provoquer, mais parfois, elles se manifestent sans que nous sachions vraiment pourquoi.
Comme on est convaincu qu’il nous faut tout comprendre, expliquer, alors nous essayons de justifier par l’action d’ un tiers ou d’un événement ce que nous ressentons et manifestons, que notre émotion soit plaisante ou non.
Cependant, nous sommes seul à pouvoir convoquer une émotion ou une autre, quelque soit les circonstances extérieures.
Si il pleut, un jour où je devais arroser le jardin, alors que j’ai d’autres engagements, je me réjouis de la pluie, qui m’épargnera une corvée et me fera gagner du temps.
Si au contraire, j’avais envisagé un dîner en terrasse et qu’il pleut, je peux me sentir agacée, ou triste, ou déçue de devoir ajourner mon projet. 
Naturellement, si cette soirée m’ennuyait, alors je me réjouis d’avoir une excuse pour l’annuler.
De la même façon, je peux trouver un plan « B » qui me donnera autant de satisfaction qu’il pleuve ou pas si je suis décidée vaille que vaille à passer un bon moment.
Ici, on voit bien que l’événement extérieur peut contribuer à ma réaction, mais que l’émotion m’appartient et que tous les agents, les rasions de la déclencher sont en moi. 
Selon mes dispositions du moment, je convoquerai telle ou telle autre émotion.
Une personne optimiste et résolue à passer un bon moment, trouvera une raison de se réjouir et de profiter du moment en s’adaptant au mieux.
Une personne pessimiste, qui se sent « victime » de la vie, trouvera plutôt une raison supplémentaire de se plaindre et d’être triste, ou en colère.
Il n’est pas de bonnes ou de mauvaises émotions, ni d’émotions réellement constantes.
Cependant, chacun peut faire le choix, sans avoir à se justifier, de convoquer plutôt telle ou telle autre des émotions à sa disposition. Un jour, un de mes amis me disait, qu’il trouvait plaisant de se sentir mélancolique. 
Et pourquoi pas ? Parce que la société nous dit que nous devons être heureux ?
Soit ! Et si nous trouvons du bonheur à exprimer de la tristesse, où est le problème ? Si nous n’accusons personne d’être à l’origine de notre choix, si nous n’en faisons porter la responsabilité à personne.
Nous naissons avec toutes les émotions en option. Nous pouvons décider de les expérimenter quand nous le souhaitons. Nous pouvons aussi décider de convoquer certaines plus souvent que d’autres, selon nos goûts, de la même façon que nous choisissons nos vêtements et les couleurs dont nous nous entourons. 
Sans doute est-ce pour cela que nous ne comprenons pas comment certains peuvent réagir sereinement face à des événements dont on pense qu’on ne pourrait pas se remettre.
Ils ont fait d’autres choix. N’aimant pas le rouge, vous portez du bleu. N’aimant pas la colère, ils ont choisi la sérénité et ont tout mis en œuvre pour l’expérimenter le plus souvent possible en toutes circonstances ou presque. 
Être joyeux serait-il plus justifié qu’être triste ? Être en colère serait-il plus sain ou naturel que d’être serein ?Je ne pense pas. A chacun son style et ses choix de vie.  
Certains s’entrainent à courir, d’autres à être sereins ou joyeux.

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