De nombreuses personnes me disent avoir commencé la méditation puis s’être arrêtées. Faute de temps, celui dédié à la méditation est vite apparu comme une contrainte qui apportait peu.

Chacun de me dire, qu’il ne parvenait plus à se concentrer.

En fait, la méditation est tout sauf cela. Ce n’est ni une contrainte, ni une nécessaire concentration. C’est même tout l’inverse.

En réalité, il y a de nombreuses façons de méditer et le « coussin » n’est pas indispensable.

Qu’importe le lieu où l’on médite en fait.

Cela peut même être un banc public, un temps de marche, de chant. Un temps assis dans sa voiture, derrière son volant durant un bouchon….

Ce n’est pas un temps contraint, c’est un temps de liberté, cela peut même être un temps de jeu, au tout début en tout cas. Un jeu qui consiste à observer nos pensées avec distance comme s’il s’agissait d’un paysage, d’un film, d’une histoire que quelqu’un d’autre nous raconte. Se détacher de l’histoire et la regarder comme si elle appartenait à quelqu’un d’autre. Et de fait, nous sommes un peu quelqu’un d’autre après un temps de méditation. Car nous ne sommes plus cet être stressé, préoccupé. Nous sommes un être apaisé, plus léger, revenu de son manège infernal.

La méditation, est un temps de silence et d’isolement. Non pas d’isolement au sens d’être seul au fond d’une grotte, ou de tout autre lieu. Cela peut être ainsi, si c’est le choix que nous faisons. Avant tout cependant, l’isolement doit être pris au sens de fermeture provisoire sur l’extérieur. On peut être au milieu d’un parc, et voir les promeneurs passer, entendre la circulation, les oiseaux, être attentif à ces bruits tout en restant dans le silence intérieur et extérieur. Intérieur au sens où on ne commente pas ce qu’on voit et entend, extérieur au sens où l’on reste silencieux, en tête-à-tête avec soi et nos émotions. 

Le but est d’être spectateur de ce qui se passe en soi, là encore sans le commenter, sans le juger. Là est le vrai silence de l’écoute, de la présence à soi et aux autres. Quand on apprend à le faire de soi à soi, on sait aussi être présent et à l’écoute silencieuse des autres.

Les temps de méditation, selon moi,  doivent être aussi libres que possibles. Il convient que ce soit un moment « gourmand ». Un moment que nous avons hâte de nous offrir. Un temps de grande et profonde intimité avec soi. Au commencement, on peut être mal à l’aise face à cet être qu’on ne connaît pas vraiment et sur lequel nous avons de nombreuses idées fausses et autres jugements. Puis, pas à pas, nous faisons connaissance avec cette part de soi rayonnante, paisible, joyeuse. De cette joie qui nous donne envie de sourire à tous et d’embrasser le monde.

La méditation est un temps à soi, pour se dire oui, pour dire oui à la Vie que nous sommes, et enfin pour dire oui au monde.

A mesure qu’on se familiarise avec la méditation, avec ces moments de grande intimité avec soi-même, elle devient un temps précieux.  Non plus un temps que l’on essaie de coincer entre deux obligations, en ayant plus ou moins mauvaise conscience quand on échoue. Non. Elle devient un temps à part entière. Un temps qu’on ne veut surtout pas louper. Un temps que l‘on prévoit. Un rendez-vous important, comme un rendez-vous amoureux. Et c’est un peu de cela dont il s’agit. Un rendez-vous d’amour pour soi-même.

Ce temps que l’on s’accorde à soi, pour arrêter la frénésie du quotidien qui nous entraîne on ne sait où, qui nous fait accorder de l’importance à ce qui n’en a pas et nous éloigne de l’essentiel.  La médiation nous permet de voir telle qu’elle est vraiment, notre vie dans cette société que l’on a contribué à bâtir sans y prendre garde et qui nous fait perdre le sens de la Vie,  nous sépare de nous-même et des autres.   Les temps de méditation, sont des temps de rébellion paisible face à l’oubli de soi et de l’essentiel, et nous offrent de voir avec clarté, là où nous devons réellement employer notre énergie pour un monde qui nous ressemble. Un monde à vivre et à sourire. Un monde à s’aimer et à aimer tout ce qui est. 

C’est un temps qui nous permet de nous retrouver, de nous appartenir,  de retrouver et redonner du sens à notre existence. De dépasser notre vie pour rejoindre la Vie.

Un temps pour se sentir vraiment vivant, loin de toutes illusions.

Un temps qui nous propose de nous accorder du temps, de se le réapproprier afin d’être présent à soi et aux autres.

Cela ne vient pas en une fois. Nous avons mis tant d’années à nous éloigner de 

nous-même, il nous reste à accueillir qu’il nous faut un peu de temps et de patience pour revenir vers soi et être réellement présent au monde.

Je vous souhaite des temps gourmands, en tête-à-tête avec la personne la plus importante au monde : vous.

Texte et photo – Angélica.

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