Le monde est le reflet de nos pensées. Cela semble très abstrait pour beaucoup. Alors souvenez-vous, d’un de ces moments heureux où vous avez réussi quelque chose qui vous tenait particulièrement à cœur.  Ou bien encore,  imaginez que vous êtes amoureux depuis quelques jours, et enfin,  vous allez passer une soirée en tête à tête avec l’élue ou l’élu de votre cœur. Vos pieds vous semblent soudain ailés. Vous avez l’impression d’avancer sans toucher tout à fait terre. Vous êtes tellement joyeux. Tout vous paraît extraordinaire. Ceux que vous croisez vous semblent tous souriants et vous avez envie de leur dire un mot sympathique, de rire avec eux, pour rien, pour tout. Votre bonheur vous déborde. Le ciel n’a jamais été aussi bleu, la pluie aussi douce. Peu importe ce qui se passe réellement autour de vous en fait, soudain tout est parfait,  à la fois plus lumineux et plus joyeux. Pourtant, partout dans le monde on meurt,  sous les bombes,  dans les hôpitaux ou ailleurs. Des grands-mères se font voler leur sac-à-main, les océans se remplissent de plastique.

En effet, rien n’a vraiment changé de part et d’autre du monde, mais le vôtre aujourd’hui est merveilleux et vous irradiez ce bonheur, cette joie, ce merveilleux. En fait vous rayonnez la vie, vous l’honorez. Rien qu’en y pensant vous souriez.

Maintenant, souvenez-vous cet autre jour, où votre amour a pris fin subitement. Vous errez le cœur déchiré par le décès d’un proche.  Vous avez appris une nouvelle que vous redoutiez et qui va changer le cours de votre vie irrémédiablement. Le ciel bleu est une insulte à votre douleur, les autres sont gris, vous les voyez à peine, la pluie  rend le jour encore plus triste si toutefois c’est encore possible d’ajouter à votre chagrin. Le monde est une ruine, rien ne va, partout règne l’injustice, la duplicité…  le monde n’est que souffrances et dysfonctionnements. 

C’est le même qu’hier pourtant, mais vous avez changé.

Chaque fois, que nous ressentons fortement une émotion, nous la projetons sur le monde. Le chaos extérieur est le reflet de notre chaos intérieur. 

Vous voulez bien admettre que vous voyez les choses différemment quand vous êtes triste ou joyeux, mais de là à accepter avoir une influence sur le monde entier, il y a un pas. Cependant, souvenez-vous, nous ne sommes pas seuls au monde à avoir des émotions plus ou moins joyeuses, tristes ou violentes.

Nous sommes presque 7,7 milliards d’individus, à aimer, haïr, rire, pleurer, chanter, hurler, danser …. Chacun réagit à ses émotions comme il peut. Certains expriment leur amour en exultant. D’autres s’évertuent chaque jour à entretenir la paix en eux, et à la répandre autour d’eux. D’autres au contraire, alimentent sans cesse la haine en eux, en se nourrissant chaque jour, chaque heure des événements les plus révoltants. Ce faisant, ils répandent autour d’eux ces sentiments de colère. Ils donnent de la force aux événements  qu’ils rejettent en multipliant autour d’eux, et au-delà, des récits consternants et appellent à la violence. Une violence qui leur paraît saine, justifiée, car elle est censée défendre de belles causes. Mais il n’y a pas de violence saine. La violence génère la violence, et rend le monde chaque jour plus dur.  Il y a toujours des réponses plus adaptées. La haine, qu’elle défende une cause dite honorable ou pas, reste de la haine et alimente le pire.  Les belles causes servent d’exutoire à ceux qui n’ont pas trouvé d’autres  moyens d’exprimer la colère en eux.  Au lieu de l’accueillir et de  la transformer en une émotion constructive pour participer à l’élaboration d’un monde plus équitable qu’ils disent appeler de tous leurs vœux, ils participent au désordre et génèrent plus d’agressivité encore.

C’est ainsi que le monde devient ce que nous sommes et émettons, de manière tangible d’une part en influant sur notre entourage immédiat et au-delà via les médias, mais aussi de manières subtiles en alimentant les  « égrégores ». Les pensées nous survivent. Elles n’ont pas de consistance dans la matière lorsque nous les émettons. Cependant, elles s’agglomèrent par affinités, ressemblances. Elles sont énergies, informations et elles influencent tous ceux qu’elles traversent. Le vide n’existe pas. L’énergie est partout, autour de nous et en nous. Nous vivons baignés et traversés d’énergies en permanence.   Si demain nous voulons vivre dans un monde harmonieux, il nous faut créer l’harmonie en nous. Nous émettons ce que nous produisons. C’est comme un langage muet et constant. Nous pensons de manière incessante, et nos pensées créent sans discontinuer.

Bien sûr, 7,7 milliards de personnes ne vont pas se mettre en mouvement  dans un même élan, dans le même sens. Mais si tous ceux qui souhaitent un monde harmonieux commencent à modifier leurs attitudes, à renoncer à colporter des informations alarmistes que tout le monde connaît, et dont ceux que cela indiffèrent continueront à ignorer pendant  que ceux qui se sentent concernés continueront à s’en émouvoir et à  désespérer de leur supposée impuissance, alors petit à petit notre monde changera.

Il n’est pas question de vivre la tête dans le sable, loin de toutes réalités. Non. Il est question de ne pas en rajouter. Il est question encore une fois de s’interroger sur l’intérêt de répandre telle ou telle information affligeante déjà tellement connue. Que cherche t-on à faire ? Si l’on pense que tout est désormais inutile, pourquoi le dire encore et encore ?

Quel est le but avoué ou inavoué d’une telle démarche?  

Pourquoi accorder plus d’attention à ce qui nous dérange qu’à ce qui nous plait ?

Nous avons tous expérimenté sur notre entourage immédiat l’effet communicatif de notre joie, de notre colère, ou de toutes autres émotions. Alors si réellement nous souhaitons un monde plus harmonieux,  pourquoi ne pas commencer à cultiver et répandre l’harmonie en nous et autour de nous ?

« Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde. » Gandhi.

Texte et photo – Angélica Mary

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