Décider de vivre en conscience est une démarche indispensable à notre bien-être, autant que courageuse.

Cela signifie que l’on va oser enfin se confronter à nos fonctionnements, nos goûts et nos choix qui sont en réalité souvent ceux des autres, adoptés pour plaire, pour être aimé.

Il est vraisemblable, si on prend le temps de se poser quelques minutes et de se sonder en profondeur, de réaliser à quel point le désir d’être aimé, décliné dans toute sa gamme qualificatifs du plus faible au plus fort, reconnu, inclus, apprécié, admiré etc… nous mène sans concession. Il nous fait renier nos propres choix au profit de ceux des autres, taire nos convictions,  rire  de choses que l’on trouve déplacées, ou sans intérêts. Il nous fait parfois renier nos convictions, nous invite à être lâche et à exercer une infinitude de comportements que l’on réprouve ou dont on est un peu honteux si on y pense en toute honnêteté, quand on est seul face à soi-même. C’est une des raisons pour lesquelles le silence nous met mal à l’aise.

Ainsi, on préfère ne pas regarder, et si quiconque nous interpelle sur le sujet,  on  se trouve des excuses, des justifications, vaines aux yeux de notre interlocuteur autant qu’aux nôtres. Pour d’autres, la conscience est si lointaine de leur référentiel de vie, qu’ils ne peuvent même pas concevoir un instant même en réfléchissant et en s’interrogeant honnêtement, que leurs comportements sont inappropriés et sont à la source de nombreuses de leurs déceptions ou contrariétés dans la vie.

Chacun fait comme il peut, aucun de nous n’a à juger, ni soi ni les autres.

Tout est là en fait.

En quoi est-ce si difficile quand on a les capacités à le faire de vivre en conscience ?

Pour plusieurs raisons, dont l’une d’elle est que nous sentons implicitement que cela va changer notre relation à notre vie actuelle, dans tous ses domaines, et aussi notre relation aux autres.

Nos prises de conscience vont déclencher de nouveaux comportements, de nouvelles réflexions, réveiller une sensibilité endormie,  lui permettre de s’exprimer.

Notre plus grande peur étant d’être rejeté, de ne pas être aimé, il va nous falloir accepter de nous confronter au risque de ne plus plaire aux autres, à tout le moins d’être incompris de nos cercles habituels pour se plaire pleinement à soi.

La réalité est que notre peur d’être désapprouvé est si grande que nous allons traquer dans les réactions d’autrui la moindre preuve de cette désapprobation.

Une des autres raisons est le jugement. Nous sommes prompts toujours à juger les autres autant que soi, sans même nous en apercevoir tant c’est ancré dans nos fonctionnements.

Quand on commence un peu à se regarder,  une des  premières choses que nous faisons, dans notre bonne volonté à nous améliorer  est de faire l’inventaire des choses que nous jugeons mal faites et dont nous voulons nous débarrasser. C’est un peu comme si soudain on décidait de vider la maison, ou de changer les meubles de place et de découvrir la poussière oubliée.  On fait l’inventaire de ce qui ne va pas plus facilement en omettant de lister les choses qui nous conviennent.

Or, s’il est louable de se regarder dans toute sa vérité du moment, cela requiert d’accueillir également tout ce que nous faisons et jugeons positif.

Si l’on ne regarde que ce qui nous déplaît, arguant que ce sont ces choses-là qui méritent notre attention, on va vite s’épuiser. On risque de trouver la tâche trop ingrate et de laisser l’ouvrage sur le métier.

Pour faire bonne mesure, il faut se rappeler qu’entreprendre la démarche d’être soi demande du courage.

Se tancer en permanence, se dénigrer, nous vole de l’énergie et ne fait que déplacer le problème de l’ego qui après avoir voulu rester dans la zone de confort du « plaire » sans effort,  veut briller par excès de zèle.

La juste mesure est de s’apprécier tout entier, au sens  premier du terme, c’est-à-dire en regardant tout ce qui est, nos points forts autant que nos faiblesses.

Se dépouiller chaque jour, chaque instant, dans nos comportements de tout ce qui est dissonant, que cela soit à consonance faussement positive ou négative.  Car l’égo est rusé qui se cache aussi sous de prétendues bonnes intentions, dans le seul but d’être reconnu, rassuré.

Certaines de nos attitudes que nous prenons pour des qualités positives peuvent se révéler être des manœuvres trompeuses, de même que dans la part que nous rejetons de nous-même, peuvent se cacher des trésors de bonne volonté. 

Le but est de s’approcher de notre pureté, de notre vérité, pas de se maltraiter.

Savoir regarder ce que nous faisons et trouvons louable, chaque fois que nous sommes très critique envers nous-même,  nous permet de nous encourager à continuer à nous améliorer au lieu de nous épuiser et nous déprimer.

Chacun de nous est tel un diamant prisonnier dans sa gangue. Chaque couche que nous enlevons nous rapproche de notre réalité éclatante de lumière.

Etre bienveillant avec soi, sans complaisance est indispensable à notre progression.

On ne fait pas pousser une fleur en l’arrosant avec de l’acide.

Offrons-nous le miel de notre sollicitude, de soi à soi, et de soi à autrui.

Texte et photo – Angélica Mary

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