Nous avons cru à la réalité de nos corps et de nos vies, de notre monde. Tout est illusion, la science en convient. Voilà longtemps que des scientifiques nous expliquent en chuchotant que ce que nous voyons n’existe pas au-delà de nos consciences.

Cependant, il semblerait qu’aujourd’hui, nous soyons plus enclins, plus prêts à entendre ces révélations remises au goût du jour.

Depuis plus longtemps encore, depuis que l’homme existe peut-être, il est question d’âme. Peut-être pour vaincre notre mortalité.

Car l’idée-même de notre future disparition est insupportable, celle de notre déchéance probable, peut-être plus encore.

La course à la préservation du capital jeunesse et celle de l’immortalité, ne sont que des réponses à notre fin annoncée.  S’il n’est pas autant de réponses que d’individus, il en est en tout cas un grand nombre. Certains  brûlent leur vie par défi, d’autres refusent toutes règles, d’autres au contraire s’en imposent chaque jour de plus contraignantes, d’autres se contentent de vivre en harmonie avec eux-mêmes et ce qui les entoure. La liste n’est pas exhaustive. A chacun sa réponse, juger celle de l’autre, ne rendra pas la nôtre plus pertinente, ni plus efficace à nous faire oublier cette réalité illusoire. Cette part de nous que nous connaissons, qui s’agite, par laquelle nous jouissons de ce qui nous est offert sur cette planète et cette vie par ailleurs tourmentée, auxquelles nous sommes si affectueusement attachés, vont disparaître.

Parmi les nombreuses réponses, il y a l’âme. Elle est sans doute aussi vieille que l’humanité, et a probablement porté plusieurs noms, selon les lieux et les croyances. Il en est une qui semble commune à chaque foi,  laïques ou religieuses,  c’est que chacun a son âme. 

Cependant, si nous sommes tous Un, qu’en est-il de nos âmes individuées ?

Si tout est information et que notre individualité ne résiste pas au-delà des contours de notre corps et de l’illusion de notre personnage, de notre vie telle que nous la connaissons, alors qu’en est-il de nos âmes ? Avons-nous imaginé une âme individuelle dans le vain espoir de prolonger l’illusion de notre altérité ?

Si je trace un cercle dans le sable, il croit qu’il est un cercle. Pourtant il est le sable. Si je l’efface, il reste le sable à perte de vue.

Si nous sommes « énergie » ou « informations », si nous ne sommes qu’Un, à la fois le créateur et le créé de tout ce qui « est », alors, nous allons rejoindre ce grand Tout que nous n’avons en réalité jamais quitté. 

L’âme, parfois qualifiée, de belle,  de petite, ou de grande selon ce que nous inspire certaines personnes, ne serait en réalité qu’une tentative de survivance de notre moi par delà notre vie terrestre.

Le « petit » soi, qui serait notre part de conscience ne serait qu’un hybride entre le moi terrestre et le « Soi » collectif, qui est à l’origine de tout ce qui Est, à l’infini…  Si nous sommes tous Un il me semble qu’il y a une contradiction à disposer chacun d’une âme individuelle sauf à ce qu’elle soit cet hybride, interface entre l’illusion humaine et notre réalité immatérielle. De la même manière qu’une goutte de notre sang prélevée, refuserait après avoir goûté à la séparation du Tout d’être réinjectée dans notre corps et de se fondre dans le flot de notre circuit veineux, notre répugnance à abandonner notre individualité,  pour nous fondre dans la masse, qui nous rend si souvent hostile à l’autre, nous aurait pousser à créer une âme individuelle dans laquelle survivraient toutes nos qualités et qui nous permettrait encore de comparer notre éclat à celui des autres. 

 « Moi », quand tu nous tiens ….. 

Texte et photo – Angélica Mary

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