La résilience est une sorte d’alchimie, de transformation du plomb en or, de l’ombre en lumière, d’une souffrance ou d’un mal-être, en une expérience bénéfique.

La résilience n’empêche pas la souffrance, elle nous permet de l’utiliser à notre bénéfice.

Rien ne peut nous empêcher d’être atteints, un jour où l’autre par une forme quelconque de souffrance, ni notre niveau d’évolution personnelle, ni notre volonté.

Il n’en est ni de grande, ni de plus importante ou de plus ou moins douloureuse.

L’impact de chaque expérience de souffrance dépend de l’état dans lequel nous sommes au moment de sa survenance et de notre capacité à l’accueillir et à la transformer. Si je viens de tomber amoureuse, je ressens les choses avec plus de légèreté que si je viens de rompre une relation sentimentale, par exemple… Si je ne suis pas consciente de souffrir, je ne peux pas guérir. Si je ne sais pas quelle situation me fait souffrir, je ne peux pas transformer cette expérience, ou m’en détourner.

La première étape consiste donc à observer ce qui se dit dans mon corps, ce qu’il exprime, de la colère, de l’angoisse, des vertiges, un sommeil perturbé, des entorses à répétition, fatigues chroniques inexpliquées…des maux de toutes sorte. Le réflexe est d’attribuer certains symptômes à une maladie connue, ou un accident léger qu’on soignera en oubliant l’essentiel, l’origine du mal être sans se soucier de son éventuelle tendance à la répétition. 

Se libérer du symptôme est nécessaire, mais cela ne doit pas nous priver de regarder au delà. Pour se libérer de ce qui nous a affaibli au point de laisser à la maladie ou à l’accident la place de s’installer dans notre vie. Notre corps nous parle. Il traduit en maux une situation qui nous vole de l’énergie.

Parfois, nous ressentons de la honte à exprimer notre souffrance. On se dit que nous avons tout pour être heureux et aucune raison de nous plaindre. D’autres, ressentent du découragement : après tant d’années de travail sur soi, en être encore là…. Pour d’autres encore, le sentiment d’être victime de la vie, de tout et de tous, se renforcera, les privant de leur vraie nature et de leur puissance.

Et en tout état de cause, le jugement induit par la culpabilité ou le dépit, n’apporte pas plus le moindre commencement de solution que le désengagement et le sentiment d’injustice.

L’important, est de prendre acte de notre réalité présente. De quel malaise, mal être, est-on affublé ?

C’est là que la résilience intervient. Elle est notre faculté à nous servir de l’élément perturbateur pour se renforcer, pour progresser.

On peut la résumer en trois grandes étapes.

1 – Reconnaître avec bienveillance notre état de souffrance, de mal être ou d’inconfort.

Renoncer à se juger. Être doux avec soi même, patient, sans complaisance.

2 – Identifier à partir de quand cet état s’est manifesté afin de le rattacher à une situation précise.

Inutile de rechercher un coupable, qu’il s’agisse d’une situation ou d’un tiers. 

Personne ne peut empêcher l’hiver de survenir, mais nous pouvons adapter nos vêtements et habitudes afin d’y faire face.

3 – Chercher et trouver à quelle souffrance ancienne ou à quel point faible cette situation nous ramène afin de prendre toute disposition pour s’en libérer, soit en adoptant un nouveau comportement, soit en mettant un terme à cette situation ou par tout autre moyen qui nous semblera le plus pertinent. 

Ce faisant, nous aurons changé une part de notre ombre en lumière. Nous aurons fait quelques pas de plus vers notre libération et notre liberté, vers l’expression de ce que nous sommes au plus profond de nous même.

Peu importe où nous en sommes sur notre chemin. Jamais nous ne reculons. Parfois nous nous accordons une pause pour passer une marche qui nous semble bien haute. Toujours nous avançons, et qu’importe que ce soit vite ou à pas comptés. L’important est de se rapprocher chaque fois un peu plus de soi.

Aimons-nous.

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