Dès la naissance, on nous compare. « Il a le nez de son père, la bouche de sa mère, les yeux de….. » Cela part sans doute d’un très bon sentiment, mais que lui reste t’il ?
Un peu plus tard, la question sera de savoir si l’enfant a marché ou parlé, plus tôt ou plus tard que celui du voisin, de sa sœur, ou de tout autre..
Dès que l’école commence, les choses continuent, voire s’aggravent, car le nombre d’individus auxquels on est comparé augmente, et en plus, nos actions sont notées et commentées.
Il en ira ainsi tout au long de notre vie. Alors que chacun de nous est né singulier, et curieux de la vie, on s’empresse de nous faire perdre toute confiance en nous, et de limiter nos talents à l’aune des qualités de ceux qui nous entourent.
Passer de la position horizontale à la verticalité pour un enfant est un exploit, quelque soit le temps qu’il lui aura fallu pour le réaliser sans qu’il soit nécessaire de le comparer à un autre. Il en va de même de la parole, et de toutes autres évolutions qui émailleront le parcours d’un individu tout au long de sa vie. II est même important de se rappeler à quel point chacun de nous a pu souffrir, en pensant avoir déçu un parent, un enseignant, et plus tard en se rongeant les sangs en s’imaginant être moins compétent qu’un collègue, ou tout simplement jamais assez bien pour quiconque. Est-il nécessaire de transmettre cette douleur, cette peur à notre descendance ? Toute évolution sur le parcours d’un individu doit être saluée et encouragée durant l’enfance de sorte qu’il acquière assez de confiance en lui pour oser se dépasser. Nul n’est comparable à nul autre. A chacun ses talents. Il n’en n’est pas de plus valeureux que d’autres. Cependant si l’on nous compare à quiconque, on nous prive de l’envie d’essayer de peur d’échouer et de déplaire, on se dévalorise. La comparaison ne stimule pas, elle inhibe la vraie personnalité de l’individu comparé, elle l’étouffe. Elle fait comprendre à chacun dès l’enfance, qu’il faut être dans le peloton, parfois en tête, mais jamais en dehors. Elle tue dans l’œuf toute velléité d’originalité, de créativité. Elle incite à la compétition et à la rivalité au détriment de la coopération et de la bienveillance.
La comparaison prive chaque individu du droit élémentaire d’ « être ». Juste être tel qu’en soi-même, ni mieux, ni moins bien, ni même pareil à… Juste être soi.

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