Et si nous laissions tomber tous les « il faut, il faudrait, je dois je devrais » ?

Chaque fois que nous nous opposons un « il faut, je dois » pour nous obliger à un action quelconque, nous nous imposons de nouvelles contraintes qui pèseront lourdement sur nos épaules avant de réveiller une de nos pires ennemies, « la culpabilité ».

 Chaque « il faut, il faudrait »  ajoute à notre fatigue, à notre anxiété et nous fait sentir coupable par anticipation, car nous savons implicitement que nous évoquons l’obligation et le devoir pour nous contraindre à un choix que l’on ne veut pas faire ou ne parvient pas à faire dans l’immédiat.

Il y a pléthore d’exemples : « il faut que j’arrête de fumer, je devrais faire du sport, je devrais commencer un régime,  il faudrait que je téléphone plus souvent, etc, etc.

Au nom de qui, de quoi,  nous opposons-nous ces injonctions nocives et 

contre-productives ?

Pour acheter une pseudo paix sociale qui nous met en guerre contre nous-même ? 

Il faut ? Il faudrait ? Je dois ? Je devrais ? Où est-ce écrit ? Qui le dit, l’impose ? De quelle  s’agit-il ? Depuis combien de temps avant nous oublié que nous sommes notre propre chef ? Depuis combien d’années avons-nous occulté que nous sommes seuls responsables de nos vie et que cela nous enlève toute obligation d’y changer quoi que ce soit sans notre propre souhait ? 

Nous avons beaucoup de mal à démarrer une action suscitée par des « il faut », ou des «  je devrais » et avons plus de difficultés encore à les faire aboutir.

Les termes « il faut, je devrais » à eux seuls, suffisent à rendre toutes actions détestables et pénibles. Ces exhortations à agir portent en elles une obligation que nous pensons avoir contractée à notre insu ou presque.  Devoir filial, devoir ancestral, obligations tacites, professionnelles, réelles ou supposées, elles constituent une pression qui nous accable. Les expressions « Il faut, je devrais » portent quasiment en elles notre échec à réaliser les tâches ou obligations qu’elles annoncent et que nous nous imposons, ou auxquelles nous croyons être soumis par on ne sait qui, on ne sait quoi. Elles nous dépossèdent, avec notre accord implicite tout autant qu’inconscient, de notre libre arbitre, de la direction de nos vies.

Et si la vraie révolution commençait là ? 

Et si nous abandonnions immédiatement les « il faut, il faudrait, je dois, je devrais » pour les remplacer par « je choisis » ?  

Alors nous cesserions de culpabiliser et d’ajouter du poids inutiles sur nos épaules en acceptant des choses que nous savons d’avance que nous ne ferons pas ou seulement  de mauvaise grâce.  Alors nous gagnerions en conscience, car nos choix seraient désormais tous délibérés, exprimés en conscience, qu’ils soient joyeux, difficiles ou même douloureux. Il nous suffirait en effet, de dire et penser « je choisis », pour avoir l’envie d’aller au bout de toute action annoncée. Il nous suffirait de dire et penser « je décide » pour que toute action retrouve de la légèreté, et que nous retrouvions de l’énergie et un sentiment de force. En disant « je choisis ou je décide » nous reprenons la direction de nos vies.

Dire « je choisis ou je décide » c’est agir en conscience de nos actes et actions.

C’est aussi accueillir et accepter que parfois nous ne sommes pas prêts ou absolument pas d’accord,  avec ce que nous nous apprêtions à faire à ce moment là.  C’est une façon de prendre conscience que,  quoi  que nous fassions, nous l’avons toujours décidé préalablement. C’est s’affirmer, sans combattre quiconque d’autre que soi-même. Un véritable acte rebelle envers nos éventuelles habitudes à nous dérober, à nous mentir à nous-même. 

C’est un grand pas vers la conscience de soi et  la liberté d’être.

Texte et photo – Angélica Mary

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