Notre Ego, est à l’origine de notre Moi, de la conscience de notre individualité.

Il est à l’origine de la conscience de nos besoins vitaux et de la recherche de leur satisfaction, rassasier notre faim, étancher notre soif, et aussi de donner toute alerte visant à notre  sauvegarde.

Il a donc son utilité. La problématique vient de ce qu’il n’a pas le sens de la mesure, ni même de la réflexion. Il fait ce pour quoi il existe sans aucune considération pour la réalité. 

La vocation d’un moulin est de tourner. Qu’il y ait ou pas du grain à moudre, il va tourner sous l’impulsion de la brise. L’ego est là pour donner l’alerte, pour nous inciter à protéger notre individualité. Comment cela se traduit-il ? Enfant, il nous incite à réclamer quand nous avons faim ou soif. Adulte, il nous pousse dans le supermarché pour remplir notre réfrigérateur ou nos placards sans inventaire préalable de nos besoins réels. Son crédo c’est la peur de manquer,  de nourriture, de sécurité, d’amour, de reconnaissance et toutes autres sortes de peurs que nous avons expérimenté au fil de notre vie de manière plus ou moins prégnante, à tort ou à raison.

Peu lui importe que toutes ces peurs soient ou non fondées. Là n’est pas son propos, là n’est pas sa vocation.

La mesure est le rôle échu à notre conscience. Prendre conscience de soi, des motivations qui précèdent nos agissements, de nos émotions, de nos besoins réels et d’y répondre de manière adaptée ou non, mais en conscience, c’est-à-dire en sachant pertinemment ce que nous faisons.

Bien sûr le but est de parvenir à agir selon les incitations de notre conscience, mais il nous faut être conscients que cela ne se fait pas en un jour. On peut savoir que nous n’avons pas besoin d’un objet et choisir de ne pas résister à l’envie de son acquisition. L’important est d’en être conscient, de ne pas chercher de fausses justifications à ce qui n’en a pas, et d’accueillir que nous ne sommes pas prêts, ce jour-là, à ce moment-là, à relever ce défi-là.

Et pourquoi, si nous savons qu’une chose ne nous est ni nécessaire, ni salutaire, nous la faisons tout de même ?

Parce que nous avons laissé la pleine initiative à notre ego, que nous avons accepté par omission de réflexions toutes ses propositions de peurs et de réactions à cette émotion. 

Il nous faut accueillir que ce piège prend un peu de temps à être déjoué. Les réflexes acquis sous la tutelle de notre ego sont imprimés dans nos fonctionnements, lesquels sont stimulés en permanence par la société que nous avons contribué à ériger négligemment.

En laissant notre ego aux commandes, nous avons permis à ce système d’émerger pour notre satisfaction immédiate et pour notre destruction programmée. Ce qui était prévu pour notre sauvegarde nous  menace. Nous achetons sans mesure, toujours en manque d’une satisfaction qu’aucune acquisition nouvelle ne vient combler durablement,  mettant en péril notre compte en banque autant que les ressources de la planète et donc nos perspectives de survie. Nous sommes le créateur  de cette société et sa victime, enfermés dans une sorte de spirale dont nous ne sommes pas certains de vouloir sortir, ou pas toujours assez pour nous y mettre vraiment. Puisque nous avons participé à l’élaboration de ce système en acceptant de laisser les commandes à notre ego et ses peurs, la solution pour sortir de ce cercle vicieux est d’activer nos facultés de conscience et de reprendre les commandes de notre être, et de notre vie. Ainsi nous pourrons créer un cercle vertueux, où chaque chose que nous mettrons en place aujourd’hui créera les conditions nécessaires à notre bien-être,  donc au recul de nos peurs,  et facilitera nos prises de décisions vers une satisfaction durable induite par la pleine conscience d’être, laquelle ne saurait être altérée par un quelconque manque. 

Être, c’est la satisfaction immédiate de tous nos besoins, c’est leur annihilation, en dehors de ceux vitaux qu’il nous reste à satisfaire bien entendu.

Alors comment passer du diktat de l’ego à la présence de soi à soi, de l’être ?

De la même façon que le petit prince apprivoise le renard dans le livre de Saint Exupéry, avec temps, patience et rituel. Il convient d’introduire un rythme nouveau  à votre vie permettant de vous auto-apprivoiser.

Dans un premier temps, s’accorder chaque jour, de préférence à la même heure, un temps pour soi. Un temps d’isolement et de silence. Cela peut être sur un banc dans un parc quand on habite en ville, dans votre jardin si vous êtes certains qu’aucun membre de la famille ne va vous appeler pour répondre à une quelconque sollicitation, dans une forêt ou tous autres lieux en contact avec la nature.

Cela peut être dix minutes, une heure, plus, selon le temps dont vous disposez et surtout, selon le temps que vous êtes prêts à vous offrir.

Car cheminer vers soi prend du temps, il faut en être conscient et l’accepter. Cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. Accueillir cette réalité fait aussi partie du processus. Se réapproprier le temps, savoir le prendre plutôt que de le perdre en courant dans tous les sens, ou en le tuant devant des émissions de télévision ou autres jeux vidéo abêtissants.

Se poser donc, à heure régulière chaque jour, et fixer votre attention sur votre respiration ou l’observation d’un point qui sera chaque fois le même, afin de vous permettre d’observer sans juger, vos fuites mentales. Je vous invite à noter tout ce qui vous passera par la tête et surtout d’être attentif à vos émotions. Parfois vous pourrez ressentir de l’ennui, du ridicule, de la perte de temps, de la colère, d’autres fois, de la joie, de la mélancolie, une douce rêverie, un dialogue de vous à vous… etc. tout cela est normal. Un jour aussi, vous vous rendrez compte que vous tenez à ce rendez-vous avec vous-même et que l’idée de le manquer vous chagrine…. Alors vous saurez que vous avez bien progressé sur le chemin qui mène à vous.

Noter vos émotions, vous permettra de suivre votre évolution. Je vous invite à penser à vous remercier chaque jour de votre fidélité à votre engagement envers vous-même et vous souhaite de très beaux moments en votre présence à vous.

Texte et photo – Angélica Mary

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