On nous a pressés de monter dans le train de la vie, destination : se constituer en couple, fonder une famille, trouver une bonne situation (on ne sait pas trop dans quel ordre), acquérir une maison, et tant d’autres choses.

Cela prend du temps alors on se bouscule à l’embarquement.

Puis un jour, on en a terminé, enfin pour l’essentiel.

Le train semble arrivé.

Mais où au juste ? Que faire ?

On se sent un peu abasourdi, vaguement démuni soudain.

Y-a-t-il d’autres trains ?

On cherche un nouveau projet, mais le cœur n’y est plus vraiment.

On ne comprend pas. On a tout, et rien ne va vraiment pourtant.

On s’interroge un peu.

Qu’est-ce-qui ne va pas ?

On a pourtant tout fait comme il faut, alors d’où vient ce vide, se sentiment d’avoir raté quelque chose, de ne plus savoir où on en est ?

Où sont passés nos rêves d’enfants ?

Étaient-ils déjà les rêves des autres ?  Des rêves préfabriqués ?

Certains sont descendus du train au premier arrêt.

Ils ont senti que cette destination n’était pas la leur.

Bien sûr, ils se sont égarés parfois, ou l’on cru.

Car au fond, peut-on se perdre quand on reste fidèle à ses rêves ? Quand la seule destination que l’on reconnaît est celle qui mène à soi ?

Que vous soyez encore dans le train, ou déjà arrivé au terminus, tout va bien.

Qu’importe le chemin emprunté, il est toujours temps de se rejoindre soi-même, de faire connaissance avec cette part de soi oubliée, de la nourrir, de la chérir.

Il est toujours temps d’oublier les injonctions d’ici et d’ailleurs, et d’écouter son cœur.

Accueillir la culpabilité induite par la découverte des chemins non balisés et la laisser passer.

Respirer, sentir, écouter ce qui vibre en soi-même.

Être curieux de ce qui s’offre, sans rien attendre, rien projeter.

Être ouvert, disponible à la vie et ses occurrences.

Tout simplement, être.

Il n’est rien d’autre en vérité que d’être.

 

Angélica Mary.

Illustration – Neither Romeo Castellucci.

Ruhr Triennale, Bochum, Jahrhunderthalle.

 

 

 

 

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