Cet article m’a été inspiré par une assertion selon laquelle, « il ne s’agit pas de protéger nos filles mais d’éduquer nos fils ». Cela pourrait paraître découler du bon sens et d’une nouvelle manière d’appréhender les choses. Il n’en est rien pourtant. Le message insidieusement envoyé à tous est que les filles sont en danger, victimes potentielles de nos fils définitivement rustres par nature peut-être et par défaut d’éducation manifestement.

Autrement dit, on continue d’opposer les femmes et les hommes, de les montrer ennemis les uns des autres, sachant toutefois qu’ici l’ennemi est le masculin.

On pose ici déjà le théâtre de futures relations déséquilibrées.
Alors certains diront que ce propos est féministe. Je dirai plutôt qu’il est sexiste. Le terme sexiste est employé le plus souvent pour désigner des propos « machistes » et c’est encore un moyen de désigner où se trouve l’ennemi supposé.

Le mot sexiste n’indique pas si le rejet provient du monde féminin ou masculin et cela me semble important, car de la même façon que nous les femmes empruntons aux hommes parfois pour parler de nous et pour nous faire accepter par le monde masculin, des hommes dans une tentative de démontrer qu’ils ne sont pas nos ennemis peuvent attaquer le genre qu’ils représentent. 

On évolue en quasi  permanence dans un monde d’oppositions, d’exclusions,  plutôt que d’inclusions et d’accueil.

Cependant, un homme n’est pas totalement masculin ni une femme totalement féminine.

Le yin et le yang ne sont le privilège d’aucun. Chaque être est yin et yang. Les hommes comme les femmes. Nos organes sont yin et yang que l’on soit homme ou femme. Le yin et le yang du rein pourraient être comparés à une lampe à huile, par exemple, dont la flamme serait le yang du rein et l’huile le yin. Si l’huile diminue, la flamme diminue et inversement.
Le strict équilibre doit être respecté autant en chacun de nos organes que dans nos manifestations. Il ne s’agit pas seulement d’un vague concept ou d’une philosophie asiatique.

On retrouve ce même principe au sein de notre système neuro végétatif ou système nerveux autonome. Le parasympathique et l’orthosympathique qui le constituent, sont extrêmement liés et doivent être parfaitement équilibrés pour un fonctionnement parfait de notre corps.  Si l’on veut schématiser, l’un relâche  un organe, quand l’autre le contracte, l’un favorise le remplissage de la vessie, l’autre la vide. Leur rôle peut être inversé selon le muscle ou l’organe.

L’un est yin l’autre est yang et celui qui est yin ici devient yang là.
Notre éducation nous a assigné des rôles désignés tout mâles ou tout féminins.
La femme éduquait les enfants selon ces règles sociétales établies.
Il nous faut sortir tout à fait de cette mémoire enkystée dans nos cellules pour progresser vers des relations équilibrées. Les hommes et les femmes ne sont pas ennemis et cela passe autant par l’éducation des garçons que des filles. Notre manière d’entrer en relation à l’autre induit en partie le comportement de l’autre. Or, la femme hésite encore souvent entre son rôle de princesse qui lui a été comté enfant et son rôle de femme active, autonome, indépendante qui est censé être sa réalité d’aujourd’hui. Les hommes semblent avoir du mal avec leur supposé goût immodéré pour le foot et l’expression de leur tendresse. 

Des images qu’on colle aux unes et aux autres, dont on se défait difficilement.
Évidemment ces exemples ne sont qu’une manière de schématiser ce qui pose actuellement l’essentielle des difficultés relationnelles. Il est urgent pour chacun de veiller à son équilibre interne et de trouver son équilibre tant corporel que mental pour trouver un équilibre relationnel dans quel que domaine que ce soit. Tant que nous croirons que les hommes sont uniquement yang et les femmes uniquement yin, on se fourvoiera. On passera à côté d’une part essentielle de soi que nous chercherons ailleurs. On croira faire mieux quand on ne fera que répéter et perpétrer ce qui nous a été enseigné depuis l’aube des temps, de manière différente pour un résultat identique. Tous les mots sont là…. protégez nos filles… la princesse est toujours aussi fragile…. éduquer les garçons. Toujours ces chevaliers rustres qui ne pensent qu’à en découdre avec le dragon…

 Il me semble urgent d’éduquer chacun au respect de soi, de sa nature et de sa sensibilité autant qu’au respect des autres. Il faut aussi cesser d’éduquer  filles et garçons à la séduction à tout crin. Personne, homme ou femme n’est là pour plaire mais seulement pour« être ». 

Personne n’est la victime de quiconque sinon de soi même et de ses croyances. Alors supprimons les croyances, et laissons émerger « l’être » en chacun.

Texte et photo : Angélica Mary

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