Il y a deux jours, j’étais un silence tourmenté.

La vie  autour chantait, volait. Ciel intensément bleu, les arbres immobiles.

Tout était douceur, joie. Sauf moi. 

Agacée, exaspérée même. Comment sortir de tout cela. Je désespérais de moi autant que de notre nature humaine à tous. Ne comprendrions-nous jamais ?

J’interrogeais cette part de moi, reliée toujours à la source de tout ce qui est, de tout ce qui sait.

J’observais et comprenais qu’il s’agissait de peurs. Peur que nous ne parvenions pas à comprendre que nous devons changer, évoluer, jusque dans nos façons de penser et communiquer. Changer la teneur de nos communications. Les assainir pour  mettre en place un monde meilleur, d’équité et de fraternité. Pour qu’émerge un monde de paix, il nous faut installer la paix en nous. Un monde d’amour pour tout le vivant. Ce qui me stupéfiait le plus était de prendre conscience que précisément, la peur avait fait déserter l’Amour en moi et qu’ainsi je participais à alimenter le pire dans le monde. 

Ce constat me consternait davantage encore.

Car toutes nos pensées créent. Plus encore que nos pensées, nos émotions profondes. Notre joie vraie ou notre désespoir font réellement la différence.

Avez-vous déjà remarqué comme nos pensées et émotions génèrent en nous-mêmes de nouvelles pensées et émotions semblables à elles-mêmes de manière presque circulaire, qui s’élèvent tel un tourbillon de poussière poussé par le vent de plus en plus haut ?

Le fait est que nos pensées ne restent pas enfermées dans un recoin de notre crâne qu’on les exprime ou non. Elles sont énergies et rejoignent des énergies semblables à elles-mêmes. 

Je m’apaisais et accueillais mon exaspération, mon sentiment d’impuissance, ma déception de moi-même.

Puis je levais les yeux pour suivre le vol d’un oiseau passé tout près et je vis l’arbre.   (photo). Je restais un moment circonspecte, avant de capturer l’image qu’il me proposait. Alors que je baissais les yeux pour vérifier mon appareil et la photo prise, je vis la trace dans la terre.

Je souris et me dis que le message était clair. Rester dans l’Amour et l’ouverture du cœur en toute circonstance. D’autres cœurs ont croisé mon chemin tout au long de ma journée. Cela m’arrive d’ailleurs régulièrement. Et aujourd’hui, la réponse à mes questionnements m’a emplie soudainement. Une joie intense, inexplicable m’a cueillie alors que j’étais dans la contemplation du jardin, et en même temps qu’elle, l’absolue certitude que tout est parfait. Ce n’était pas une pensée. C’est une information de toutes mes cellules. Le changement est en route. Rien, absolument rien ne pourra l’arrêter. Ni les informations alarmistes qui sèment encore plus de peur, ni un retour à ce qui ressemble à ce que nous vivions jusque là. Il y aura d’autres événements. Chaque fois, de nouvelles prises de conscience auront lieu.

Chacun à son rythme. N’essayons pas de convaincre quiconque. Faisons chacun de notre mieux sans nous soucier d’un but à atteindre ni de ce que font les autres autour. N’allons pas au-delà de ce que nous pouvons donner dans l’instant, ne forçons rien, sans quoi nous le ferons crispés dans l’attente d’un résultat qui ne surviendra peut-être pas aussi vite que nous le souhaitons et nous en désespérerions. Laissons chacun faire comme il peut, y compris nous-même. Lâchons-nous confiants en demain car demain est déjà réalisé. Quand un enfant né. Le processus de vie est en route, le compte à rebours aussi. Nous le savons sans savoir quand, aussi vrai que nous savons ne rien pouvoir y changer. Le processus du changement du monde tel que nous l’avons connu est enclenché irrémédiablement. Nous ne savons pas quand nous en verrons vraiment les effets, car nous faisons partie à chaque instant de son évolution.  Quand nous vivons les événements qui constituent notre vie, nous ne voyons pas toujours où et quand ils nous mèneront. Mais nous savons qu’un jour nous regarderons ce qui est survenu avec une distance qui nous permettra de voir comment les choses se sont passées, de même que nous verrons que nos tourments étaient vains. Il en va de même du changement du monde.

Nous pouvons cesser de paniquer ou pas. Nous pouvons continuer d’avoir peur ou pas.

Le changement est déjà là, le voile de l’illusion nous le cache.

Alors, parce que chaque instant nous écrivons nos instants suivants,  autant que nous le pouvons, restons dans l’Amour et avançons le cœur ouvert.

Angélica Mary. 

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