Les convictions sont des aveux d’ignorance, les carences du savoir.  Quand on sait, on dit qu’on sait, qu’on a vu, qu’on a lu. Quand on est convaincu, on s’invente des choses. On croit, on est certain, on est sûr, on est même sûr et certain. Pourtant, si l’on recherche les fondements de ces croyances que l’on érige en réalité absolue, on ne trouve rien. Il s’agit d’images de soi que l’on a formées à l’aune de notre désamour envers nous-même.

C’est bien souvent avec la même force de conviction que nous regardons ce qui nous entoure, les êtres comme les événements. La vie, notre vie. Nous évoluons dans une réalité, le plus souvent, déplaisante, créée de toute pièce. Elle n’a aucune réalité en dehors de notre fantasmagorie.  En général, ces croyances et autres suppositions concernent toujours le pire. On veut donner des rasions tangibles à notre désamour, lequel n’est fondé que sur nos croyances. On regarde le monde de la même manière. On ne peut pas vivre dans un monde aimable quand on ne s’aime pas. Ce serait faire un cadeau à quelqu’un qui en est indigne. On s’accroche avec la dernière énergie à ce qu’on croit savoir, car si d’aventure il nous fallait admettre que les choses sont différentes de ce qu’on a toujours affirmé comme étant  certain, il nous faudrait, dans un même élan, admettre que nous avons pris une part prépondérante dans tous événements de notre vie qui nous accablent. 

Nos croyances et autres convictions nous enferment. Nos postures, sûres et certaines, nous privent de tous les possibles. On se limite, brime nos talents qu’on ne soupçonnent même pas,  et on sclérose nos vies. 

Elles nuisent aussi à nos relations.

On pense ainsi avoir le contrôle de nos vies, savoir où l’on va. Rien n’est plus faux. On nefait que ce saborder. L’idée même de contrôle est un leurre.

Ce que nous étions à l’instant, nous ne le sommes déjà plus, riches de ses quelques minutes supplémentaires qui nous ont permis de lire quelques lignes, de nous chauffer à un rayon de soleil, d’admirer une fleur précoce, de nous offrir une nouvelle réflexion, de croiser un sourire ..

Cessons de nous juger, de nous condamner et d’entraîner les autres dans notre spirale infernale. 

Ne supposons plus. Regardons, observons en silence, sans commenter, et sentons ce qui se passe. Restons curieux, ouverts à tout ce qui peut survenir. Laissons la vie nous surprendre et nous éblouir.

Texte et photo – Angélica Mary.

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