Cet article m’a été inspiré par un homme qui m’est précieux auquel je le dédie tout spécialement. Je le remercie infiniment d’être celui qu’il est face à moi.

Je le dédie aussi à tous les hommes debout, en paix avec leur part féminine, et leur entièreté. Ils offrent ainsi aux femmes qui leur font face de s’autoriser à être elles-mêmes, toute entière, dans leur singularité autant que dans leur pluralité.

Pour être une « femme debout » face un homme, il faut se faire totalement confiance à soi-même. Pour être en confiance  à soi-même face à un homme, il faut pouvoir lui faire totalement confiance également. 

Très certainement, pour que cet homme à son tour puisse être debout face à une femme, il lui faut se faire totalement confiance à lui-même, et pour cela il doit pouvoir faire confiance à la femme qui lui fait face, quelle qu’elle soit.

C’est le principe de l’Ouroboros ou de l’infini. C’est aussi l’impossibilité de savoir de l’œuf ou de la poule lequel a précédé l’autre. Une relation en boucle à l’infini que rien n’entrave ni ne rompt.

Il n’est pas ici, nécessairement question de relation de couple ou « d’amant, amante », mais d’une relation ou cette possibilité existe néanmoins.

Cela me semble nécessaire pour que l’expérience soit réelle et non hypothétique.

L’expérience d’être soi, sans faux semblant ni provocation, ni séduction. Juste soi. Pouvoir s’ouvrir tout à fait et s’accueillir soi face à l’autre parce qu’on sait qu’on sera accueilli non seulement dans ce qu’on est dans l’immédiat, dans ce qu’on a été, que l’on tait ou  confie, mais aussi, reconnu comme être en cours d’évolution permanente, et en tant que tel, accueilli dans ce potentiel.

Cela ne nécessite pas que l’on se raconte par le menu, et cela le permet si on le souhaite, car on sait qu’on ne sera pas jugé. Et si d’aventure on venait  à l’être, plus tard,  notre confiance en soi, nous permettrait de ne pas changer de regard sur soi-même.

Quelle plus belle  relation, quelle plus belle preuve d’amour que celle qui permet à l’autre de se déployer dans tout ce qu’elle ou qu’il est ? Quelle plus belle relation, plus nourrissante que celle qui permet de s’émanciper de ses peurs et limitations, parce qu’un regard aimant et bienveillant nous est offert.

Dans ce genre de relation, chacun peut choisir de se dire ou se taire. Les mots et les silences sont pareillement acceptés. Le rythme et la pudeur de chacun sont pareillement accueillis.

Aucun ne commente ce que dit l’autre. Aucun ne dirige les réflexions de l’autre. Chacun prête une oreille amie, bienveillante à l’autre. 

Ce silence aimant permet à chacun d’exprimer ce qu’il a de plus intime par les mots autant que par leur absence, et de se faire face à soi-même, de s’apprendre soi-même, de se découvrir soi-même. 

L’autre en miroir intervient s’il est sollicité, mais jamais de manière sentencieuse. Les interrogations de chacun interrogent l’autre plutôt que de proposer des réponses sachant, que ce qui est juste pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre, de même que seules les réponses que l’on ressent profondément en soi peuvent nous répondre vraiment.

Il est aussi de nombreuses questions qui portent en elles leur réponse. Le seul fait de se les poser nous dit, plus sûrement que toute réponse, où nous en sommes.

Je dis souvent, les questions ouvrent les portes quand les réponses les ferment. Une porte ouverte est un champ de possibles. Une porte fermée, est la fin de ces occurrences.

Sans que cela soit obligatoirement une issue souhaitée, ou seulement imaginée par l’un ou l’autre, on peut augurer qu’une telle relation si elle devient plus intime sera basée sur l’authenticité et l’honnêteté. Chacun sait où il en est par rapport à l’autre. Car l’important n’est pas tant de savoir situer l’autre, que de savoir se situer soi-même.

De façon certaine, si ce duo d’âm’is ne devient pas amants, chacun saura comment entrer en relation avec celui ou celle avec lequel ou laquelle, il souhaitera partager une relation de couple.

De la même façon que j’ai remercié en début de texte les hommes qui offrent aux femmes qu’ils côtoient d’être elles-mêmes dans leur verticalité autant que dans leur déploiement, je remercie les femmes qui permettent aux hommes, d’être ces hommes là. 

C’est en faisant chacun un pas vers soi et vers l’autre, qu’ensemble nous bâtirons un monde plus beau, plus aimant.

Texte et photo – Angélica Mary

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