Je vois ce jour, comme  un de plus dont la finalité ne serait pas celle affichée.  Un jour dont beaucoup ont oublié l’origine si un jour ils l’ont sue, et qui appuie, l’air de rien sur la séparation des uns avec les autres.
Les femmes sont citoyennes toutes l’année comme les hommes et les enfants aussi. 
A l’origine de ce jour, dont le principe aurait été admis en 1910, sur une proposition de Clara Zetkin du parti social démocrate allemand, une manoeuvre pour contrer l’influence des féministes de la bourgeoisie sur les femmes du peuple…. politique quand tu nous tient. Séparer donc, encore et toujours ici ou là, celles-ci de celles-là.

Bien sûre depuis lors, cette journée et ses motivations ont évolué.

Ce qui reste inchangé c’est la séparation qu’elle provoque et qu’induit toute distinction même avec les meilleurs intentions du monde. Qu’il s’agisse d’un mouvement « au nom de », d’une journée pour fêter qui ou quoi, un groupe de ceci ou cela, chaque fois on crée une séparation qui peut aller à l’encontre des intérêts que nous voulions défendre à l’origine. Chaque fois que je dis que je suis « ceci » je m’exclus de facto du reste, je me cerne, je m’isole.

Au commencement, de cette journée récupérée et célébrée le 8 mars, des femmes veulent se démarquer d’autres femmes. Pensons-nous vraiment qu’aujourd’hui cette journée nous rassemble ?

Il n’est qu’à se pencher sur les récents sujets d’information pour se convaincre du contraire.

Ce qui n’inclut pas crée une exclusion de fait. Nous sommes toutes et tous différents. S’accueillir soi et les autres dans notre singularité est la seule voie possible selon moi.

Cette journée ne réunit pas les femmes autour d’elle, et en plus, elle les sépare des hommes, des enfants.  Avant d’être des femmes, des hommes, des petits d’Hommes, nous sommes tous membres de la famille  des humains.  En plus de nous séparer d’une part de l’humanité sous le couvert de nous reconnaître des droits, cette seule reconnaissance criée haut et fort, sonne comme un rappel  que ces droits nous sont consentis alors même qu’ils nous sont acquis et inaliénables de part notre seule naissance

Certes ils ne sont pas respectés partout et tout le temps.

En faisant du 8 mars une journée exceptionnelle n’imprégnons-nous pas les droits des femmes de cette même notion d’exception ?

Car après que cette journée ait été pensée pour nous séparer les unes des autres, aujourd’hui elle appuie sur l’opposition hommes/femmes.

Après la lutte des classes entre femmes, elle sonne comme un rappel des dissensions entre hommes et femmes. Pire, ne cherche-t-elle pas à les entretenir ? 
Séparer pour mieux régner, encore et toujours.
Il me semble pourtant qu’il serait plus que temps de dépasser les clivages et de se célébrer chaque jour sans distinction de genre.
La réconciliation hommes/femmes  serait la vraie reconnaissance des droits de chacun et chacune. Là serait aussi la libération des pouvoirs de chacun et chacune sur soi-même et sa propre vie. 
Il est si facile de se laisser endormir par de faux symboles associés au mot fête.
Belle et lumineuse journée à tous et toutes.

Angélica Mary

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