Où suis-je quand je suis là, ici et maintenant ?

Dans mon souffle jusqu’à devenir lui ?

Attentive à chaque senteur, chaque son, chaque mot qui se dit autour ?

Suis-je dans ce paysage jusqu’à me dissoudre en lui ?

Quand je rejoins l’espace de paix et de silence au creux de moi,  suis-je dans « l’ici et maintenant » ou dans l’ailleurs ?

Quand on me dit ailleurs, de quel ailleurs parle-t-on ? De celui de l’autre ? Du mien ?

Suis-je ailleurs pour l’autre quand je suis entièrement présente à moi ?

N’y a t-il qu’un « ici et maintenant » ?

Y a –t-il plusieurs ailleurs ?

De quel « ici et maintenant » et de quel ailleurs parlons-nous au juste ?

L’ici est maintenant est-il l’absolue présence dans l’instant ?

Peut-on être présent à soi et à l’autre en même temps ?

Il est sans doute un grand nombre de réponses, toutes sensées, toutes fondées, labellisées, référencées, que d’individus, ou peu sans faut, comme pour confirmer que les mots sont source de malentendus quand on ne les contextualise pas, quand on n’en précise pas préalablement les contours avec l’ensemble de nos interlocuteurs.

Chacun porte en lui, une, parfois plusieurs définitions pour un seul mot, et c’est cette signification qu’il lui donnera chaque fois qu’il l’entendra.

Pourtant, les mots peuvent avoir des sens différents pour les uns et les autres, pour de nombreuses raisons, et pour soi aussi selon les circonstances.

Peut-être sont-ils une incitation à considérer qu’on est ignorant toujours.

Que l’important n’est pas de comprendre le sens, ni de l’interpréter.

Peut-être sont-ils juste une invitation à rester curieux de l’autre, de tout.

Une opportunité de s’interroger, à tout instant, juste pour le plaisir de faire plus ample connaissance avec soi-même et avec l’autre s’il est présent, et qu’il veut bien préciser sa pensée.

Toutefois, pour approcher l’autre,  ne faut-il pas l’écouter en silence, c’est à dire vierge de notre propre histoire, dans « l’ici et maintenant » ?

Son « ici et maintenant » devient-t-il  alors notre ailleurs ou nos présents s’épousent-ils le temps d’un instant partagé pour devenir un « ici et maintenant » partagé ?

Et soi-même, pouvons-nous nous rencontrer au milieu de notre histoire tricoter par d’autres ?

« L’ici et maintenant » n’est–il pas un espace temps, hors espace, hors temps, hors définition, infini, comme chacun de nous le sommes par essence au-delà des apparences ?

 

Angélica Mary

Illustration – Joel Robison

 

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