Nous sommes des êtres reliés, ne nous laissons pas séparer.

Nous sommes issus d’une fratrie, nous sommes amis, voisins, et nous vivons ensemble, en bonne intelligence.

Nous ne sommes pas toujours d’accord, nous ne partageons pas la même vision du monde, cependant, le plus souvent nous faisons le choix du consensus, de la paix sociale. À bien y penser, il y a plus de paix que de conflit dans une rue, une cité, au cœur d’un pays et même du monde.

Oui, des pays sont en guerre, oui des pays souffrent de faim, de pauvreté et jusqu’à maintenant la part de l’humanité qui vit confortablement, voire plus,  ne s’est pas suffisamment sentie concernée pour œuvrer à l’éradication de la misère.

Il nous manque ce puissant sentiment d’appartenance à une espèce et au delà, au vivant tout entier.

Il nous suffit pourtant de lever les yeux au ciel en pleine nuit, de regarder les étoiles, et de nous souvenir qu’elles sont tellement éloignées de nous, qu’en les admirant nous regardons leur passé et que certaines parmi elles sont déjà mortes.

Perdre notre regard dans cette immensité et revenir à nous, notre réalité finie face à l’infini, notre personne, notre corps pas plus gros qu’un grain de poussière.

Que sommes nous à l’aune de l’infini ?

Que représentons-nous pour l’univers visible et invisible ?

Que restera-t-il de nos tracas, de nos amours, de nos joies et de tout ce qui aura fait notre existence ?

Pensons-nous changer la course des étoiles avec nos avis plus ou moins éclairés, nos colères, nos certitudes et croyances du moment ?

L’humanité est une minuscule tribu perdue dans le cosmos.

Ce sont les autres qui nous nous donnent une réalité tangible.

Ce sont nos différences qui nous disent qui nous sommes dans l’instant.

Ce que nous sommes ici est éphémère. Ce que nous aimons, croyons, est évolutif.

Alors ne nous laissons pas séparer par l’illusion, par la volonté de quelques-uns qui tracent des frontières imaginaires entre les uns et les autres, peintes à l’encre de nos peurs.

Des peurs que nous ignorions avant qu’ils ne les suscitent, les encouragent, jusqu’à plus soif.

Restons unis jusque dans nos contradictions, les nôtres autant que celles d’autrui.

Tous nous passerons, qui demain, qui dans quelques dizaines d’années.

Nous pouvons honorer notre bref passage en construisant ensemble un monde à vivre.

Il est toujours temps.

 

Angélica Mary

Illustration – Michael Kenna.

 

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