J’envoie de l’amour au monde par ce que c’est ce qui gonfle mon cœur.

Il est le symptôme de ma joie intérieure.

On glose beaucoup sur l’Amour, la gentillesse, la joie.

On revendique le droit à la colère, à l’envie d’en découdre.

La Colère exprime toujours, une tristesse profonde. Elle est aussi souvent liée à une peur.

Si vous saviez comme j’ai été en colère, comme j’ai pleuré, crié parfois, serré les poings et les dents.

Comment j’ai rendu les coups aussi, par des paroles acerbes, acérées, des mots qui blessent.

Cela ne diminuait en rien mon chagrin et je vivais dans un monde hostile.

Imaginez, ma phrase préférée pendant des dizaines d’années, a été :

« On va chercher bien loin plutôt que de mourir quelque prétexte ami pour vivre et pour souffrir ».

Je l’avais lue très jeune dans « Les maîtres penseurs » de Glucksmann.

C’était mon mantra…

Et puis un jour, je me suis dit que cela ne pouvait plus durer.

J’ai choisi la joie et œuvré chaque jour pour atteindre un sentiment de plénitude, de contentement.

Le chemin fut long, ponctué de larmes, de découragement.

J’ai tenu bon pourtant, me rappelant parfaitement la stérilité  des jours de rage.

Puis pas à pas, je devinais le jour se levant à travers le brouillard.

Et un jour je ne saurais dire lequel, la joie a supplanté la tristesse, la colère et la peur l’ont céder à l’Amour, et le monde autour a changé.

Depuis ça chante et sa danse au fond de moi. Cela pleure et se déchire aussi quand j’entends les nouvelles du monde.

Alors je me souviens d’aimer encore plus et d’envoyer des pensées d’amour à ce que je croise, à ceux auxquels je pense.

Connus ou inconnus sans distinction.

Comment peut-on imaginer que notre colère n’entraîne pas d’autres mouvements colériques ?

Comment peut-on imaginer que l’Amour ne sème pas l’Amour ?

Comment peut-on ne pas faire le lien entre nos états tellement agacés, jugeants, polémiques, et l’état de la planète à feu, à eaux et à sang ?

Comment vous sentez-vous à l’intérieur ?

Ce monde chaotique ne reflète-t-il pas parfaitement le chaos de vos émotions ?

Alors je vous le dis, Aimons, cultivons la joie comme notre bien le plus précieux.

Cela demande constance et une belle détermination au début. À peu près autant qu’il en faudrait sans doute à Gaston Lagaffe s’il choisissait soudain de troquer ses espadrilles pour des tennis afin de devenir marathonien.

Aimons. Cela n’a rien d’une injonction, c’est le souhait que je formule pour nous tous.

Je nous souhaite de l’Amour et de la joie au cœur, pour que notre monde devienne un monde à vivre plutôt qu’un monde à souffrir de notre propre folie.

 

Angélica Mary

Illustration Tomoki Hayasaka

 

 

 

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