Une amie me disait, il y a peu, son incompréhension face aux réactions de certains dans la situation du moment qui alimente toutes les rages, réveille la peur de mourir autant que d’être asservis selon les uns,  les autres.

Nous nous faisions face.

Derrière elle, par la fenêtre je voyais le jardin.

Derrière moi, elle voyait des étagères.

Alors qu’elle requerait mon avis sur le sujet, je la regardais et lui disais : « vois-tu l’arbre » 

Alors qu’elle s’apprêtait à se retourner, je lui dis : « non, ne bouge pas » et je répétais ma question.

« Vois-tu l’arbre ? »

Non, elle ne pouvait pas le voir d’où elle était. 

Comme elle, ceux qui ont une réaction qui lui semble incompréhensible ne peuvent pas voir ce qu’elle voit et comprend, d’où ils sont.

Ce n’est ni bien ni mal. C’est ainsi.

Les insultes et argumentations n’y changeront rien.

D’où ils se tiennent, ils ne peuvent pas voir. 

De même que d’où nous nous tenons, nous ne pouvons pas partager leurs vues.

Si nous sommes suffisamment sûrs de nos choix pour nous-même, en harmonie avec nos mouvements intérieurs, alors nous n’avons pas besoin de les imposer aux autres, ni de convaincre, et encore moins d’insulter.

Quand nous prenons les arguments de l’autre, ses méthodes que par ailleurs nous dénonçons,  même pour défendre une opinion inverse, nous rejoignons l’autre dans tout ce que nous lui reprochons, et surtout dans la peur.

Même si notre peur a une origine différente, elle provoque les mêmes réactions de rejet, de colère, d’envie de destruction.

Sachons regarder ce qui vibre en nous, accueillons-le et accueillons pareillement l’autre dans ce qu’il est, d’où qu’il se tienne.

On ne convainc jamais par la haine et le sarcasme.

Seul l’accueil sans jugement peut ouvrir les cœurs et permettre le vivre ensemble.

Angélica Mary.

Illustration – Massimo Colonna

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